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«On ne peut pas parler de la liberté de la presse avec des journalistes vivant dans la précarité», estime Jean-Romance Mokolo
En marge de la journée internationale de la liberté de la presse, célébrée à travers le monde, le samedi 03 mai dernier, plusieurs professionnels des médias ont pris la parole pour donner leurs points de vue sur la marche de la profession de journaliste en République Démocratique du Congo. C’est le cas de Jean-Romance Mokolo Mololo, journaliste indépendant, qui a passé 20 ans au sein de la chaîne de télévision CCTV, basé à Kinshasa.
Aux dires de cet acteur de média, qui a oeuvré dans cette entreprise appartenant à une personnalité politique de renom, "Il ne peut pas y avoir de liberté de presse, dans un environnement où la majorité de journalistes vit dans la précarité et travaille dans des médias peu viables".
Dans son intervention sur Radio Okapi, Jean-Romance Mokolo évoque d’abord sa propre expérience comme journaliste employé à CCTV où le salaire était difficilement payé (avec plusieurs années d’arriérés de salaire non- payés) et même lorsqu’il a dû quitter la chaîne, il n’a jamais reçu son décompte final.
"La liberté de la presse, dit-il, ne consiste pas seulement à ce que les journalistes aient la liberté de collecter, de traiter et de diffuser les informations, mais il faut aussi tenir compte de leur situation sociale". "Cet aspect pose problème parce que je suis dans la profession depuis plus de deux décennies, je n’ai jamais vu les journalistes congolais se retrouver dans une situation aussi précaire qu’actuellement".
"Nous assistons à la prolifération d’entreprises de presse, mais qui sont pauvres et peu viables, fait remarquer Jean-Romance Mokolo. "Ce qui fait que le journaliste n’a pas les moyens de survie pour lui permettre d’être libre.
On ne peut pas envisager la liberté de la presse dans un environnement où les journalistes n’ont pas un salaire décent et vivent dans la pauvreté, parce que travaillant dans des médias incapables de les prendre en charge», a-t-il indiqué.
Et comme conséquence de cet état de choses, Jean-Romance Mokolo pointe l’inféodation des professionnels des médias aux détenteurs du pouvoir politique et économique.
"Aujourd’hui plus qu’hier, estime-t-il, les journalistes sont inféodés aux partis politiques et aux acteurs politiques. Ils sont devenus des chantres, des porte-paroles d’acteurs ou des partis politiques".
"Une presse inféodée, qui dépend financièrement des détenteurs du pouvoir politique et économique, ne peut pas être indépendante et libre", a-t-il déploré.
Dès lors, Jean-Romance Mokolo est convaincu que "la presse, 4ème pouvoir, a cessé d’exister en RDC".