Dernière minute
Société
Captures d'écran n'affiche jamais écran cassé. Rectifions d'abord l'orthographe de certains mots de cette expression. Son rédacteur qui est loin d'être son auteur aurait dû écrire " Une capture d'écran n'affiche jamais un écran cassé".
L'expression " Une capture d'écran n'affiche…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Une fausse information annonçant le recrutement des étudiants encore en formation universitaire par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) circule sur les réseaux sociaux…
Étranger
La formation au Caire en République arabe d'Egypte des 19 journalistes venus des pays de l'Afrique francophone (Côte d'Ivoire, Djibouti, Mauritanie, République de Guinée et la RDC) a pris fin le…
Nation
Le député national Kashinde Avodja Nene, élu de la province de l'Ituri, demande la réouverture de l'aéroport Murongo de Bunia, fermé à cause de la situation sanitaire liée à la maladie à virus…
La C64 à Rome pour accorder ses violons et clarifier sa position
Dialogue national, avenir de la Constitution et positionnement face au Front pour la refondation de la nation (FRN) associé à Joseph Kabila : les cinq dirigeants de la Coalition Article 64 (C64) sont attendus les 26 et 27 octobre à Rome, en Italie. Cette rencontre pourrait leur offrir l'occasion de rapprocher leurs vues sur les grands enjeux nationaux, mais aussi de sortir de leur réserve face à l'engagement de l'ancien président dans la nouvelle dynamique politico-militaire à l'Est de la RDC.
L'opposition congolaise s'apprête à ouvrir une nouvelle séquence de concertation. Dans la capitale italienne, les 26 et 27 octobre, les principaux dirigeants de la Coalition Article 64 (C64) doivent se retrouver pour examiner la situation politique et sécuritaire en République démocratique du Congo. Une rencontre qui intervient à un moment où les lignes politiques se redessinent, sur fond d'insécurité persistante dans l'Est du pays et de divergences sur les voies susceptibles de conduire à une sortie de crise.
Selon plusieurs médias congolais, notamment Actualité.cd et RFI, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga et Augustin Matata Ponyo, les cinq membres du présidium de cette plateforme lancée en mai dernier, sont attendus à ces assises. Il s'agirait de leur première réunion en présentiel depuis la création de la coalition.
Au-delà d'une simple prise de contact, ce rendez-vous devrait permettre aux cinq responsables de confronter leurs analyses, d'accorder leurs violons et de tenter de dégager une ligne politique commune. Car, face aux multiples défis auxquels le pays est confronté, l'opposition est appelée à préciser ses orientations et à rendre son discours plus lisible.
LE DIALOGUE NATIONAL, PIERRE ANGULAIRE DES DISCUSSIONS
Parmi les dossiers appelés à occuper une place centrale dans les échanges figure celui du dialogue national inclusif. La C64 entend défendre un cadre de concertation consensuel, dont les modalités ne seraient pas arrêtées par le seul pouvoir en place, mais discutées avec les différentes forces politiques et sociales du pays.
Cette démarche rejoint les initiatives des confessions religieuses. La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et l'Église du Christ au Congo (ECC) ont, à la suite de leur rencontre avec le président Félix Tshisekedi, le 17 juillet dernier, manifesté leur engagement à accompagner les efforts en faveur d'un dialogue national.
Toutefois, entre la volonté affichée de parvenir à un consensus et les divergences sur les conditions de sa réalisation, le chemin reste semé d'embûches. La coalition devra notamment préciser sa lecture du processus, les garanties qu'elle estime nécessaires et les conditions de participation des différentes composantes de la société congolaise.
Dans le même registre, la question constitutionnelle devrait également s'inviter dans les discussions. Les inquiétudes exprimées par une partie de l'opposition face à une éventuelle révision de la Constitution, susceptible, selon elle, d'ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel, constituent un autre point de friction dans les rapports entre le pouvoir et ses adversaires.
À Rome, les dirigeants de la C64 auront ainsi l'occasion de préciser leur position sur cet enjeu institutionnel et de déterminer les contours d'une éventuelle réponse commune.
JOSEPH KABILA ET LE FRN : L'HEURE DES CLARIFICATIONS ?
C'est sans doute sur le dossier Joseph Kabila que les regards seront particulièrement tournés. L'ancien président, désormais associé au Front pour la refondation de la nation (FRN), se trouve au centre d'une nouvelle configuration politique et sécuritaire, sur fond de conflit persistant dans l'Est du pays.
Dans ce contexte, la réunion de Rome pourrait constituer une occasion pour les dirigeants de la C64 de briser le silence et de clarifier leur position sur le choix de Joseph Kabila de s'inscrire dans cette dynamique politico-militaire. Leur attitude face à l'ancien chef de l'État, mais aussi les limites qu'ils entendent poser entre opposition politique et engagement armé, figurent parmi les questions susceptibles de nourrir les échanges.
Jusqu'ici, la coalition doit encore faire connaître une position commune clairement établie sur ce dossier. Or, l'évolution de la situation à l'Est place les opposants devant une question délicate : comment se positionner face à l'initiative associée à Joseph Kabila sans brouiller leur propre discours sur la défense de l'ordre constitutionnel et la recherche d'une solution politique à la crise congolaise ?
Selon les informations rapportées par Afrik.com et Actualité.cd, les responsables de la C64 entendent défendre une troisième voie, distincte de celle du pouvoir de Félix Tshisekedi et de l'option militaire incarnée par le FRN.
Reste à savoir comment cette orientation se traduira concrètement. La rencontre italienne pourrait ainsi permettre aux cinq dirigeants de lever certaines ambiguïtés, de préciser leurs lignes rouges et de définir les rapports qu'ils souhaitent entretenir avec les différentes initiatives engagées autour de la crise congolaise.Au-delà des déclarations de principe, c'est donc la cohérence de leur positionnement qui sera scrutée.
DE ROME A BRUXELLES ET PARIS, UNE OUVERTURE DIPLOMATIQUE
La concertation annoncée dans la capitale italienne devrait également s'inscrire dans une démarche diplomatique plus large. Après Rome, les responsables de la C64 envisageraient notamment des étapes à Bruxelles et à Paris, avant d'éventuels déplacements à Luanda et à Brazzaville.
À travers cette tournée, les opposants chercheraient à porter leurs préoccupations auprès de différents interlocuteurs internationaux, notamment sur la crise politique et sécuritaire en RDC, les perspectives d'un dialogue national et la situation des droits humains.
Selon les informations publiées par Œil Taifa, des échanges avec des représentants de l'Église catholique figureraient également parmi les démarches envisagées à Rome.
La C64 entend ainsi déplacer le débat au-delà du cercle politique national et donner un écho international à ses préoccupations. Pour donner du poids à cette démarche, ses dirigeants devront toutefois harmoniser leurs positions et présenter un discours suffisamment cohérent sur les principaux dossiers qui divisent la classe politique congolaise.
UN DEPLACEMENT PERTURBE A LA VEILLE DES ASSISES
À Kinshasa, la préparation de cette rencontre a été marquée par un incident signalé à l'aéroport international de N'djili. Selon Actualité.cd, Prince Epenge, président de l'ADD Congo et membre de Lamuka ainsi que de la C64, n'a pas pu embarquer le dimanche 25 octobre pour rejoindre Rome.
Le passeport de Martin Fayulu, qui devait également effectuer le déplacement, aurait été retenu avant de lui être restitué. Prince Epenge, en revanche, n'aurait pas été autorisé à poursuivre son voyage.
Cet épisode survient à la veille d'une réunion présentée comme une étape importante dans la coordination de l'opposition. Il ajoute un élément de tension à un rendez-vous dont les conclusions sont attendues dans les milieux politiques congolais.
UNE COALITION ATTENDUE SUR SES POSITIONS
Au terme de ces deux journées de concertation, la C64 sera attendue sur plusieurs fronts : le dialogue national, l'avenir de la Constitution, la crise sécuritaire dans l'Est et, surtout, son positionnement face au FRN associé à Joseph Kabila.
Reste à savoir si les discussions déboucheront sur une feuille de route commune ou si certaines divergences continueront de freiner l'émergence d'une position clairement définie. Les conclusions de Rome devraient, à cet égard, donner une première indication sur la capacité de la C64 à transformer ses ambitions en orientations politiques concrètes.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO