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Kinshasa: Des malades "indigents" transformés en fonds de commerce sur la place publique
* Indigné, le Gouv de la ville sort ses griffes et attaque!
Pas un seul rond-point de la ville de Kinshasa, sans demandeurs d'assistance à un malade! Aux bonnes heures du matin, c'est soit un homme, soit une femme qui, micro à la main, crie au secours d'un malade assis. Généralement, sous le soleil. Une stratégie bien mûrie pour, davantage, attirer non seulement l'attention, mais aussi et surtout, la compassion des donneurs potentiels.
Cette pratique, devenue un véritable phénomène social, est observée dans tous les lieux publics de la ville Kinshasa. Principalement, les marchés et autres ronds-points de forte affluence. UPN, Place Kintambo Magasins, Victoire, Rond-point Ngaba constituent, désormais, les segments du "marché" privilégiés pour tous ceux qui se livrent à cette pratique. Le Ront-point Super-Lemba, l'entrée de la Route abattoir, Place Pascal à Masina, Sainte Thérèse à N'Djili, ne sont pas en reste.
A priori, la pratique relève de la solidarité mécanique. Et aussi, à cause de la religiosité ambiante qui caractérise la ville de Kinshasa, ces demandeurs d'aide financière ne rentrent pas "les mains bredouilles. La moisson journalière pourrait ne pas être à la hauteur de leurs attentes. Mais du moins, à la clôture de la journée, souvent aux ultimes heures d'après-midi, le panier n'est jamais vide!
DES MALADES EXPOSES AUX NOUVELLES MALADIES
Ce n'est pas n'importe quel malade qui doit être présenté au public. Bien au contraire, on sélectionne des cas jugés sensibles. Ce sont soit, des enfants nés avec des malformations congénitales ou développant n'importe quelle pathologie, soit des femmes présentant un goitre requérant une intervention urgente. En tout cas, le plus important est de toucher les cœurs sensibles.
Cependant, la pratique est loin de faire l'unanimité au sein de l'opinion. Si certains Kinois la considèrent comme une épreuve de foi, d'autres la critiquent sévèrement. Ces derniers pensent plutôt que les personnes qui s'y adonnent à cœur joie, ont juste transformé les malades en un fonds de commerce! Soit!
Plus ahurissant est le fait de garder les personnes malades sous le soleil. Ainsi, les pauvres endurent-ils en silence, un martyr que leur imposent leurs guides. Car, leur départ des sites dépend de la seule volonté de celui qui crie au micro.
Partant, les Kinois qui pensent que cette pratique déshumanise le malade, soutiennent en même temps que le fait de garder les personnes concernées, soit sous le soleil, soit sous le froid et sans aucune protection, les exposent davantage à de nouvelles maladies.
INDIGNE, DANIEL BUMBA SORT SES GRIFFES
Jusques à quand, ce "commerce" insolite devrait-il continuer dans les endroits publics à Kinshasa?
La réponse est celle que donne l'Hôtel de ville. Indigné, Daniel Bumba, gouverneur de la mégalopole rd congolaise, sort ses griffes et attaque. Dans une note circulaire à tous responsables relevant de sa tutelle, le premier des Kinois interdit formellement cette pratique, soulignant que les contrevenants n'auront aucune chance de d'échapper aux sanctions prévues.
Intervenant hier, mardi 22 juillet, dans une émission spécialisé de Top Congo FM, radio privée émettant de Kinshasa; le ministre provincial de la Santé a rappelé que la place d'un malade est à l'hôpital et non dans la rue.
" Nous demandons aux familles d'amener leurs malades dans nos différentes structures pour une prise en charge médicale adéquate", a-t-il exhorté.
A en croire ce membre de la team Bumba, une fois que le malade arrive dans une structure de santé de l'Hôtel de ville de Kinshasa, un jeton lui sera remis en vue d'assurer un suivi responsable.
"Nos experts examinent les dossiers au cas par cas, selon qu'il nécessite une intervention chirurgicale urgente ou tout autre traitement", a-t-il conclu.
On rappelle que ceux qui crient à l'aide pour les malades, présentés tantôt comme des indigents, tantôt comme issus des familles sans revenu; ne sont pas les seuls à bruiter la place publique à Kinshasa.
Car, il existe une autre catégorie de demandeurs qui, déjà, très tôt le matin, sillonnent les communes, les quartiers et autres avenues de la ville et lancent des messages de compassion pour les orphelins.
Le point commun entre les deux groupes, reste la méthode et la technique utilisées. Tous recourent au micro et au baffle pour une longue portée de leurs communications. La seule différence tient au contenu du message.
Grevisse KABREL