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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
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Kasaï-Central : La cour d'appel condamne à mort le chef milicien Nsabanga
* Il écope cette peine pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité
La Cour d'appel du Kasaï-Central, siégeant en matière de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, a condamné le samedi 10 janvier à la peine de mort David Ndaye Kalonga, connu sous le nom de guerre Nsabanga, ancien chef milicien du mouvement insurrectionnel Kamuina Nsapu. Le jugement a été rendu lors d'une audience publique délocalisée à la prison centrale de Kananga, en présence de nombreux observateurs, témoins et représentants des victimes.
Cette décision de justice intervient à l'issue d'un procès très attendu, axé sur les exactions commises dans le territoire de Dibaya, une région durement éprouvée par l'insurrection Kamuina Nsapu entre 2016 et 2018, et dont les cicatrices restent encore visibles. Le dossier, complexe et chargé de témoignages accablants, a permis à la Cour de conclure à la culpabilité pleine et entière de l'accusé pour des actes constitutifs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.
DES CRIMES D'UNE GRAVITE EXCEPTIONNELLE
Selon l'arrêt de la Cour, David Ndaye Kalonga a personnellement commandité et dirigé plusieurs opérations sanglantes ayant conduit à l'assassinat de civils, au recrutement d'enfants soldats, aux attaques contre des infrastructures publiques, et à la destruction de villages entiers dans le territoire de Dibaya. Il est également reconnu coupable de violences sexuelles à grande échelle, d'enlèvements et de traitements inhumains infligés aux populations perçues comme hostiles à son mouvement.
La Cour a souligné la nature systématique et organisée des atrocités, qui visaient principalement des civils, en violation flagrante des Conventions de Genève et du droit international humanitaire. L'accusé, décrit comme un meneur influent et redouté, n'a montré aucun remords durant les audiences.
Pour les parties civiles, la tenue de ce procès au niveau national, en chambre foraine, illustre la détermination des autorités judiciaires congolaises à répondre de manière ferme aux violations graves des droits humains, souvent restées impunies par le passé. Cette condamnation à la peine capitale - bien que la RDC observe un moratoire sur les exécutions depuis plusieurs années - revêt une portée symbolique forte pour les victimes et leurs familles, indiquent les parties civiles.
" Ce verdict constitue un signal fort pour tous ceux qui croient encore qu'on peut semer la terreur en toute impunité. Il redonne l'espoir à de nombreuses communautés du Kasaï Central", a déclaré un avocat représentant plusieurs parties civiles.
Dans la ville de Kananga comme à Dibaya, la nouvelle du verdict a été accueillie avec un mélange de soulagement, d'émotion et parfois de douleur ravivée. Des survivants des atrocités ont exprimé leur satisfaction de voir enfin un acte de justice poser les bases d'une réparation morale. Toutefois, des voix s'élèvent également pour appeler à ce que justice ne soit pas seulement punitive, mais aussi réparatrice et préventive.
Félix MULUMBA