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João Lourenço reçoit la Cenco et l'ECC
Le président angolais João Lourenço, également président en exercice de l’Union africaine (UA), a reçu hier mercredi 14 janvier à Luanda, des responsables religieux congolais pour examiner la situation sécuritaire préoccupante dans l’est de la République démocratique du Congo, toujours marquée par la persistance des violences armées.
À l’initiative du chef de l’État angolais, l’entretien a réuni des évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et des pasteurs de l’Église du Christ au Congo (ECC). Cette rencontre intervient dans un contexte diplomatique dense, quelques jours seulement après deux déplacements du président congolais Félix Tshisekedi à Luanda, en l’espace de moins d’une semaine, pour des consultations directes avec son homologue angolais.
Ces derniers mois, la dynamique diplomatique autour de la crise dans l’est de la RDC s’est nettement intensifiée. Selon des sources diplomatiques, un échange téléphonique a récemment eu lieu entre le Premier ministre, ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdulrahman Al-Thani, et le ministre angolais des Relations extérieures, Tete António. Les discussions ont porté sur la recherche d’une solution pacifique entre la RDC et le Rwanda, Doha réaffirmant son attachement à un règlement des différends par le dialogue.
Depuis début 2026, Fatshi à Luanda à deux reprises
Ces consultations se déroulent alors que les négociations relatives aux six protocoles censés compléter les deux premiers de l’accord-cadre entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 restent dans l’impasse, selon des sources proches du dossier. Aucune avancée significative n’a, à ce stade, été officiellement annoncée.
Depuis le début de l’année 2026, Félix Tshisekedi s’est rendu à deux reprises à Luanda en moins d’un mois, un rythme inhabituel dans les relations bilatérales entre Kinshasa et Luanda. D’après des sources de la présidence congolaise, João Lourenço a soumis plusieurs propositions liées à la crise sécuritaire dans l’Est, sans qu’elles ne débouchent, pour l’heure, sur une décision immédiate ou l’ouverture formelle d’un nouveau processus de paix.
Après avoir annoncé, en mars 2025, son retrait du rôle de médiateur dans la crise congolaise, l’Angola opère un retour progressif et discret dans ce dossier sensible. Luanda multiplie les consultations avec différentes parties prenantes. Dans ce cadre, l’ancien président congolais Joseph Kabila a été reçu fin décembre à Luanda, selon des proches, tandis qu’une délégation issue de son camp y a également séjourné quelques jours plus tard.
La diplomatie angolaise a par ailleurs établi des contacts avec le groupe politico-militaire AFC/M23. Son coordonnateur, Corneille Nangaa, a adressé une correspondance au président João Lourenço afin d’obtenir des clarifications sur la nature de l’initiative angolaise, notamment sur l’éventuelle ouverture d’un nouveau processus. Des échanges ont également eu lieu avec le Qatar pour préciser la portée et les objectifs de cette démarche.
17 janvier, réunion de haut niveau initié par le togo
Cette séquence diplomatique s’est élargie avec l’implication du Togo. À l’invitation de Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil de la République togolaise et médiateur désigné par l’UA, le président Félix Tshisekedi est arrivé à Lomé pour une séance de travail consacrée aux efforts de paix et de stabilisation dans l’est de la RDC. Selon des sources concordantes, il s’agit d’un déplacement bref, effectué en aller-retour.
Le Togo prévoit d’organiser, le 17 janvier prochain, une réunion de haut niveau destinée à renforcer la cohérence et la coordination des initiatives de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des efforts internationaux récents, notamment la conférence tenue à Paris le 30 octobre 2025, qui avait mobilisé plus de 1,5 milliard d’euros en faveur des populations vulnérables, victimes des violences armées, et soutenu la dynamique de négociation menée par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine.
Faure Gnassingbé a succédé à João Lourenço en tant que médiateur désigné par l’UA dans le conflit dans l’est de la RDC, conformément aux décisions du sommet conjoint virtuel de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), tenu le 24 mars 2025. Une nouvelle étape diplomatique s’ouvre ainsi, dans l’attente de signaux concrets susceptibles d’enrayer durablement la spirale de la violence dans l’Est congolais. J.A