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Inventaire des instructions présidentielles, l’inaction des députés pousse Félix Tshisekedi à se tourner vers Judith Suminwa
Lors du conseil des ministres du vendredi 27 février 2026, le chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, a pris une mesure ferme en chargeant la Première ministre Judith Suminwa d’établir «un inventaire exhaustif, méthodique et documenté» de toutes ses instructions données lors du conseil des ministres. Pour le président de la République, cette initiative s’inscrit dans une logique de discipline et de responsabilité gouvernementale. Elle vise à garantir une évaluation objective, à améliorer la rigueur dans l’exécution des directives présidentielles et à promouvoir une gestion transparente des affaires publiques.
Il importe de rappeler que plusieurs instructions données par le président de la République sont laissées lettre morte. À titre indicatif nous citerons celles relatives à la réduction du train de vie des institutions et portant suppression des structures budgétivores. Sur le terrain, aucune de ces deux recommandations n’a connu un début de matérialisation. Concernant le train de vie des institutions, c’est le contraire qui se remarque. D’ailleurs, tout récemment, Félix Tshisekedi a stigmatisé l’explosion de la masse salariale des agents et fonctionnaires de l’État, dont la plupart ne rendent aucun service au pays.
La Président a haussé le ton
S’agissant de la suppression des structures budgétivores, bien qu’elles soient connues, aucune d’elle n’a disparu de la nomenclature des dépenses publiques.
Conscient que sa vision se heurte à la résistance de certains de ses compatriotes, le premier Congolais a décidé de hausser le ton. En principe, si les députés, élus du peuple et revêtus des prérogatives de contrôle parlementaire avaient joué correctement leur rôle, ce sont eux qui auraient rempli cette mission. Face à leur inaction, le chef de l’État a préféré se tourner vers la cheffe du gouvernement pour une sorte d’auto -évaluation.
À ce propos, il importe de stigmatiser la nonchalance des élus nationaux et de rappeler qu’à l’époque de la IIème république, bien que fonctionnant sous le régime monolithique, les commissaires du peuple (aujourd’hui députés) ne s’étaient pas empêchés de remplir leurs prérogatives constitutionnelles. Nous nous souviendrons qu’à l’époque, les ministres, les mandataires des entreprises publiques et même le Premier commissaire d’État (Premier ministre) ont été interpellés par ces élus du peuple. À la suite desdites interpellations, certains de ces responsables ont perdu leurs fonctions.
«Le président fondateur n’est pas un magicien… »
Dans le contexte politique actuel de la RDC, rien n’empêche les députés d’accompagner le chef de l’État dans la matérialisation de sa vision, en vue de la transformation du pays.
«Le président fondateur n’est pas un magicien. Seul il ne peut rien, mais avec l’appui de tout son peuple, il peut tout».
Ces propos ont été tenus en leur temps par le président ex-zaïrois Mobutu Sese Seko, lorsqu’il a interpellé ses collaborateurs qui ne l’accompagnaient pas dans sa mission régalienne. Aujourd’hui, Félix Tshisekedi peut se permettre de tenir les mêmes propos au regard de la prestation de certains membres du gouvernement dont le bilan est tout, sauf satisfaisant.
Par rapport à la conduite de certains membres du gouvernement, nous ne devons pas nous voiler la face. Il y en a qui ne sont pas à la hauteur de leurs tâches. Pour preuve, le VPM de la Fonction publique, de la Modernisation de l’administration publique et de l’innovation du secteur public, Jean Pierre Lihau, vient de décréter la fin de ceux qu’on a appelés Nouvelles Unités (NU), après plusieurs années des recrutements anarchiques. La conséquence de ce désordre est l’augmentation sans cesse de l’enveloppe salariale destinée au personnel de l’État.
En fait, cette mission confiée à la Première ministre devrait lui permettre de mieux évaluer les performances individuelles et institutionnelles des membres du gouvernement. En ce moment où les bruits font état d’un éventuel remaniement ministériel, cet inventaire de toutes les instructions présidentielles devrait servir de base objective pour le maintien de tel ou tel autre à un poste ministériel.
Muke MUKE