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SUCCESSION DU PAPE FRANÇOIS : Beaucoup de Congolais et d’internautes se trompent: pas de campagne au Vatican
Beaucoup de Congolais et d’internautes ont abondamment écrit ces derniers jours sur la succession du Pape François, mort depuis le 21 avril dernier. Sans se référer au droit canon et sans être peut-être des catholiques, beaucoup de personnes ont avancé des pronostics qui n’ont rien à voir avec les modalités concrètes sur l’élection d’un Pape. L’information la plus fondamentale à savoir est qu’aucun Cardinal ne se porte jamais candidat au poste de Pape. Et lors du vote, il ne se choisit pas lui-même. Vu sous cet angle, tout ce qui s’écrit actuellement autour de la succession du Pape François n’est que baliverne, car fondé sur aucune base objective.
De deux, le choix d’un Souverain Pontife ne repose pas du tout sur des bases géographiques ou raciales. Il s’agit d’un long processus dans lequel le Saint-Esprit joue un rôle plus que capital. Les dernières élections de Karol Wojtila (Jean-Paul II), Joseph Ratzinger (Benoît XVI) et Jorge Mario Bergoglio (François) ont suffisamment démontré que les Cardinaux opèrent le choix d’un Pape sous la mouvance du Saint-Esprit. Après le très long règne des Papes d’origine italienne, peu de gens pouvaient s’attendre à l’élection d’un Cardinal polonais sur le siège apostolique d’Évêque de Rome et successeur de Pierre. Depuis ce bouleversement, beaucoup de catholiques et autres ont compris que les paramètres qui guident le collège des Cardinaux électeurs ne sont pas de nature humaine.
Autre chose qu’il sied de rappeler est le fait que l’élection d’un Souverain Pontife est fondée sur un certain nombre d’enjeux auxquels l’Eglise fait face à l’heure du choix plus qu’historique de ce pasteur hors-pair. C’est pourquoi, avant le début du Conclave proprement dit, les Cardinaux s’enferment dans un endroit bien isolé du Vatican pour des congrégations générales, au cours desquelles ils réfléchissent sur des sujets liés à l’Église. Une manière pour eux de dresser le portrait-robot du futur Pape.
Tel est le cas actuellement. Le samedi 3 mai dernier, plus de 177 Cardinaux ont participé à la 9ème congrégation générale dans la salle du Synode. Parmi eux, 131 figurent sur la liste des 133 électeurs qui choisiront le futur Pape à partir du 7 mai dans la chapelle Sixtine. Cette réunion, comme toutes les autres, a débuté avec un temps de prière et a été marquée par 26 interventions au cours desquelles les Cardinaux ont réfléchi à des questions centrales pour l’Église et son avenir. Parmi les thèmes abordés, a révélé le directeur de presse du Saint-Siège, il y a eu : "La communion dans l’Église et la fraternité dans le monde", "La collaboration et la solidarité entre les Églises", "Le rôle de la Curie par rapport au Pape", "Le service de l’Église et du Pape pour la paix et la valeur de l’éducation".
Dans leurs interventions, les Cardinaux ont émis le vœu de voir le futur Pape être "prophétique" et que "l’Église ne s’enferme pas dans le cénacle, mais qu’elle sorte et apporte la lumière dans un monde qui a désespérément besoin d’espérance", thème du jubilé en cours.
Hier dimanche 4 mai, il n’y a pas eu de congrégation. À deux jours du début du Conclave, Vatican news révèle que les travaux à la maison Ste-Marthe pour accueillir les Cardinaux ont atteint une vitesse de croisière et vont prendre fin aujourd’hui le lundi 5 mai 2025.
Les Cardinaux n’entreront à la résidence qu’à partir de demain mardi 6 mai au soir jusqu’au mercredi 7 mai au matin, avant la messe Pro Eligendo Romani Pontifice prévue en la basilique Saint-Pierre à 10h.
Dernière ligne droite jusqu’à « habemus Papam».
Aujourd’hui le lundi 5 mai, le processus de l’élection du successeur du Pape François va entrer dans sa dernière ligne droite. Deux nouvelles congrégations générales vont se tenir, l’une le matin, l’autre l’après-midi. Le mardi 6 mai, les Cardinaux se réuniront en congrégation générale à 9h et tiendront une session dans l’après-midi, si possible indique Vatican news. Toutes ces réunions se déroulent sous la supervision du Cardinal Giovanni Battista Re, doyen du collège des Cardinaux.
Pour mémoire, les deux derniers conclaves qui ont porté successivement l’allemand Benoît XVI et l’argentin François à la tête de l’Église catholique romaine n’ont duré que deux jours. Cette fois-ci, 89 voix suffiront pour clore le processus. D’aucuns espèrent que les Cardinaux seront inspirés comme d’habitude pour montrer à la face du monde que l’Église reste une, sainte et apostolique telle que voulue par son créateur.
Dès l’élection d’un Pape, de la fumée blanche s’échappera d’une cheminée improvisée au-dessus de la chapelle et un Cardinal de haut rang annoncera son nom «urbi et orbi» (à Rome et au monde) du balcon de la basilique St-Pierre : «Annuntio vobis gaudium magnum. Habemus Papam». (Nous avons la joie de vous annoncer une bonne nouvelle. Nous avons un Pape).
Muke MUKE