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Nairobi : le front anti-Fatshi s’organise autour de Joseph Kabila
L’ancien président de la République, Joseph Kabila a réuni, hier mardi 14 octobre à Nairobi, plusieurs figures de l’opposition en exil, parmi lesquelles l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, Franck Diongo, José Makila, Théophile Mbemba ainsi que d’autres personnalités politiques de son obédience.
A Kinshasa particulièrement, l’initiative de l’ex-Rais suscite des réactions contrastées au sein de la classe politique : certains y voient une tentative de recomposition de l’opposition, d’autres une manœuvre politique en perspective des échéances à venir, alors que Joseph Kabila est condamné à mort par la justice militaire congolaise pour trahison et crimes contre la paix.
Cette grand’messe, qui s’étend sur deux jours dans la capitale kenyane, rassemble plusieurs opposants au Président Félix Tshisekedi, mais compte également plusieurs absents de taille.
Baptisée «Conclave des forces politiques et sociales sur l’avenir du pays», cette rencontre a pour but d’écouter tout le monde et de dégager des pistes de solution, fait savoir un proche de l’ ex-chef de l’État à RFI.
Parmi les opposants qui ont répondu présents figurent notamment Augustin Matata Ponyo, un ancien Premier ministre de Joseph Kabila qui vit aujourd’hui en exil après avoir été condamné pour détournement de fonds, et Franck Diongo, le président du Mouvement lumumbiste progressiste (MLP), qui a pris ses distances avec le président Félix Tshisekedi après l’avoir soutenu.
On trouve également aux côtés du gros des troupes de l’ancien président, tel Barnabé Kikaya Bin Karubi, l’un de ses principaux conseillers, ou encore Raymond Tshibanda, le coordonnateur du Front commun pour le Congo (FCC), l’opposant Seth Kikuni, ancien candidat à la présidence de la République qui a passé six mois en prison pour incitation à la désobéissance.
Des absents de marque
Ce conclave intervient dans le contexte de la crise politique et sécuritaire qui secoue l’est de la RDC et alors que l’opposition ne cesse de réclamer un dialogue inclusif sous la médiation des confessions religieuses pour la résoudre.
«L’idée est de réunir les forces vives de la nation et de dégager des pistes de solution, une thérapie», explique Patient Sayiba, un proche collaborateur de Joseph Kabila présent à Nairobi, qui interroge : «La crise est profonde. Faut-il rester silencieux ? ».
Cette rencontre se tient toutefois en l’absence de plusieurs opposants de marque tels que Moise Katumbi, Delly Sesanga ou Jean-Marc Kabund qui n’ont pas fait le déplacement. S’agissant Martin Fayulu, son entourage laisse entendre que le leader de l’Ecidé n’a pas été convié à cette rencontre de Nairobi que les proches de Fatshi qualifient de «messe-noire» voire d’ «activité anti patrie.»
FDA