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Journée internationale de l’éducation : Les autorités congolaises appelées à promouvoir une éducation de qualité
Le monde a célébré, hier mercredi 24 janvier, la journée internationale de l’éducation. Cette année, elle est consacrée à faire progresser l’apprentissage pour une paix durable. Le système éducatif en République démocratique du Congo (RDC) est depuis quelques années confronté à des difficultés ce qui selon l’opinion publique lui fait perdre ses lettres de noblesse. Forum des As a pour l’occasion, donné la parole aux enseignants et aux parents afin d’avoir leur point de vue sur la qualité de l’éducation en RDC. Reportage.
Il est 12h 00, à l’Ecole Primaire 5/Lemba-Sud CPK, c’est l’heure de la sortie. Dans un tintamarre de cris, les élèves arrivés devant la grille de l’école se bousculent pour être les premiers à mettre le pied dehors. Les tempes grisonnantes, M. Kusa Bonaventure, la soixantaine révolue, enseignant dans cet établissement, range ses documents sur sa table, dans une classe vidée de ses écoliers. Pour cet instituteur éligible à la retraite, le niveau de l’enseignement au Congo a beaucoup baissé. « L’éducation en soi dans notre pays n’est plus ce qu’elle était. Aussi bien au niveau des écoles que des parents, parce que l’éducation commence à la maison et se poursuit à l’école », fait savoir notre interlocuteur.
Et de poursuivre. « Au niveau de l’école, les enfants ne sont plus bien encadrés à cause du manque de motivation des enseignants. L’Etat a abandonné l’enseignement c’est un secteur oublié. Nous ne sommes pas bien payés, nos conditions de vie sont déplorables avec un salaire qui ne nous permet pas de nouer les deux bouts du mois. Comment voulez-vous que les enseignants aient le cœur à l’ouvrage ? Nous n’arrivons pas à prendre en charge nos familles. Notre situation sociale se répercute sur le travail. Difficile de bien encadrer, faire le suivi des élèves. Il y a un laisser-aller qui ne dit pas son nom au niveau des directions des écoles à cause du manque des moyens. En exemple, les élèves ne redoublent plus de classe, ils viennent à l’école quand ils veulent et personne ne fait le suivit, l’absentéisme est tolérée », déplore l’homme à la craie blanche.
Manque d’efficacité des parents
Il a également fustigé le manque d’intérêt des parents face à l’éducation de leurs enfants. Pour l’enseignant les responsables de famille aussi leur part de responsabilité dans la baisse de qualité de l’éducation de leurs progénitures. De l’avis de ce sexagénaire, les parents ne s’occupent plus assez de leurs enfants pour preuve dans sa classe de 40 élèves au premier trimestre il n’y a que 2 parents qui se sont présenté pour signer les bulletins. Pour lui, il y a une défaillance du côté des responsables de famille qui n’assument plus leurs devoirs en tant que telle. Même au niveau de la cellule de base, l’éducation perd de sa superbe.
« Du haut de mes 47 ans dans l’enseignement, c’est la première fois que je rencontre de telle comportement. Un parent est sensé suivre le parcours scolaire de son enfant. C’est ce qui se faisait à notre époque. Cela traduit le manque d’accompagnement de l’éducation de l’enfant. Sans parler de la manière dont certains élèves se présentent à l’établissement. Leurs uniformes ne sont pas propres, un langage qui frise l’impolitesse. En bref le savoir-être des enfants actuellement laisse à désirer. Nos autorités ont du pain sur la planche car ne dit-on pas que la jeunesse est l’avenir de demain. Avec une telle relève que va devenir le pays ? Il leur revient de voter un budget conséquent pour redresser l’éducation en RDC », a indiqué Kusa Bonaventure.
Contribuer au développement de la nation
De son côté, Kapinga Julienne, femme au foyer, mère de cinq enfants, soutient également que l’éducation n’est plus ce qu’elle était. En effet, affirme-t-elle l’éducation permet à un pays de sortir du sous-développement, de la pauvreté. Et si la population qui compose un état n’a pas une bonne formation, une éducation de qualité cela est un handicap dans la gouvernance d’un Etat. « Que cette journée de commémoration soit une opportunité pour que nos dirigeants réfléchisse sur la qualité de l’éducation de la jeunesse. Qu’il prenne à bras le corps les problèmes qui gangrènent l’enseignement de notre pays afin que nos enfants puissent contribuer à l’avancement de notre nation », a commenté cette ancienne commerçante.
Il est vrai que, poursuit-elle, nos parents nous ont éduqué avec beaucoup de rigueur, de règle. Ce qui n’est plus le cas de la plupart des enfants actuellement. Certains parents n’arrivent plus à gérer leurs progénitures et plusieurs facteurs sont à la base de ce désastre, notamment la pauvreté, le phénomène des réseaux sociaux etc. Aussi les parents ont besoin du soutien de nos dirigeants qui doivent améliorer le social de la population ce qui permettra à de nombreux parents de prendre soin de leur famille.
Pour les observateurs avisés, il est essentiel que le gouvernement transforme l’éducation en République démocratique du Congo. Ce, pour assurer une relève de qualité au pays. Fyfy Solange TANGAMU