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CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE RENAISSANCE : la grève des infirmiers perturbe l'administration des soins
Les infirmiers et autre personnel médical auxiliaire sont en grève depuis quelques semaines. Ce débrayage a des répercussions sensibles, particulièrement au Centre hospitalier universitaire Renaissance (CHUR) ex-Mama Yemo. Sans les infirmiers, les laborantins, les pharmaciens,... les médecins ne peuvent pas prester comme il se doit.
Les syndicalistes de ces corporations, leur mouvement a été déclenché pour manifester leur ras-le-bol face au non-respect des promesses du gouvernement. Après avoir attendu en vain la matérialisation des engagements pris par l'exécutif national, ces prestataires n'ont pas trouvé d'autres voies que celle de cesser de travailler.
Cependant, il est regrettable de constater que depuis le début de ce mouvement, l'État garde une indifférence totale comme si les conséquences de cette grève sur la santé des Congolais sont un fait divers. Aucune initiative n'est prise pour engager des pourparlers avec le banc syndical. Il est vrai que les familles des dirigeants du pays ne se font pas soigner dans les formations hospitalières de l'État où la prise en charge médicale laisse à désirer. Néanmoins, la majeure partie de la population qu'ils sont censés administrer fréquentent les hôpitaux publics. Ils (dirigeants) ont l'obligation constitutionnelle de veiller à la bonne santé des dirigés.
Par ailleurs, il importe de stigmatiser la répétition de ces mouvements de grève dans les formations hospitalières publiques. Si ce ne sont pas les hommes en blouse blanche qui débrayent, c'est le personnel auxiliaire qui arrête de travailler, avec toutes les conséquences que cela entraîne pour le commun des mortels.
CHUR, UN CHANTIER QUI NE S'ACHEVE PAS
Outre ce climat délétère qui empêche la bonne administration des soins aux patients qui s'y sont retrouvés avant le début de la grève, le CHUR vit une situation compliquée depuis la transformation de ce plus grand hôpital public. Même les médecins qui y prestent ne savent pas donner une réponse précise lorsqu'on leur demande de préciser le statut actuel de leur formation hospitalière.
Depuis plus de trois ans, ce qui était l'hôpital général de référence de Kinshasa s'est brusquement transformé en Centre hospitalier universitaire Renaissance sans aucune explication à la nation. Est -ce encore un hôpital public de l'État ou un fruit du partenariat public -privé? Personne, même pas le staff médical à la tête de ce centre n'a osé fixer jusque -là l'opinion.
La réponse devait venir de la représentation nationale dont l'une des prérogatives est le contrôle des affaires publiques. Malheureusement, de ce côté-là c'est le silence radio.
AU MINISTRE DE LA SANTE DE FIXER L'OPINION
Cependant, depuis cette transformation, nous nous rendons compte que les grands travaux amorcés pour moderniser cette formation médicale, se sont arrêtés net. L'hôpital présente actuellement deux visages. Il y a, d'une part, la partie dite moderne, dont les travaux ne sont pas encore achevés, et de l'autre les vieilles bâtisses de l'époque de Mama Yemo.
Le spectacle n'est pas bon à contempler. En plus, le personnel du CHUR déplore le désordre qu'il y a sur le plan administratif. Beaucoup d'agents qui auraient déjà pris leur retraite et ont été notifiés, continuent à prester en dépit de leur âge avancé parce que leurs indemnités de fin de carrière ne leur sont pas encore versées.
C'est dans cette sorte d'imbroglio qu'est venu s'ajouter le débrayage des infirmiers et autre personnel auxiliaire.
Si ce mouvement semble passer inaperçu aux yeux de la population et relégué au dernier plan par le gouvernement, il reste néanmoins vrai que ses conséquences sont dramatiques pour les malades.
À présent, reste à l'État de trouver des solutions satisfaisantes à cette situation, et aux députés nationaux d'interpeller le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale pour qu'il fixe l'opinion sur le statut actuel de cette grande formation médicale, la plus importante de la RDC.
Muke MUKE