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Audition des cadres du PPRD : Minaku, Shadary et Kambere repartent libres
Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary Ferdinand Kambere,hauts cadres du Parti du peuple pour la econstruction et la démocratie (PPRD), ont comparu devant l’Auditorat militaire supérieur de Kinshasa/Gombe, hier lundi 10 mars. En toile de fond, l’ombre des accusations de complicité avec les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), soutenus par l’armée rwandaise, pesait lourdement sur ces personnalités politiques, fidèles partisans de l’ancien président Joseph Kabila.
L’atmosphère était électrique devant le bâtiment de cette instance judiciaire. L’arrivée des cadres du PPRD a déclenché une vague d’agitation parmi leurs partisans. Des centaines de militants, en soutien à leurs leaders, ont pris d’assaut les abords du bâtiment, entonnant des chants de ralliement et dénonçant une prétendue « instrumentalisation de la justice ». Face à cette marée humaine, les forces de l’ordre ont rapidement érigé un cordon sécuritaire afin d’éviter tout débordement.
Accusés de complot et de soutien à la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda, ces responsables du PPRD ont passé plusieurs heures à répondre aux questions de la justice militaire sur ces graves accusations. Cependant, au bout de plus de sept heures d’interrogatoire, aucune preuve compromettante n’a été mise en évidence.
Les téléphones pour un contrôle
D’après des témoignages recoupés, les autorités judiciaires ont demandé aux concernés de remettre leurs téléphones pour un contrôle et un suivi, mais cette demande a été fermement refusée par les principaux concernés. Ils ont insisté sur le fait qu’un tel contrôle devait se faire en leur présence, et non à leur insu. Cette décision a créé une tension palpable, mais l’audition s’est conclue sans nouveaux rebondissements majeurs, laissant place à une certaine ambiguïté sur les suites judiciaires à venir.
À la sortie de l’auditorat, Minaku, Shadary, et Kambere ont été accueillis triomphalement par leurs militants qui s’étaient rassemblés en nombre. Les chants de soutien résonnaient fort, un signal de la solidarité indéfectible qui unit ces figures de l'ex-parti au pouvoir à leur base.
Si aucune charge compromettante n’a été retenue contre eux à ce stade, le PPRD et son entourage restent en alerte. « Les choses se sont passées normalement », a déclaré Emmanuel Shadary devant la foule, minimisant ainsi la portée de cette interpellation.
Les propos attribués à Minaku
Selon Ferdinand Kambere, la justice militaire souhaitait éclaircir des propos attribués à Minaku, qui aurait affirmé «Le chef a dit fini le moment des actions clandestines ». Des mots qui, selon Kambere, auraient alimenté une campagne contre le PPRD et ses dirigeants.
Le Secrétaire permanent adjoint du PPRD, a également exprimé son mécontentement face à ce qu’il perçoit comme un acharnement politique contre le parti. Kambere a insinué que les autorités actuelles redoutaient le retour de l’ex-président Joseph Kabila, fondateur du PPRD, et que ces convocations visaient à fragiliser l’opposition.
« Nous avions déjà compris que c’est un acharnement, que c’est le retour du Raïs (Joseph Kabila) qui gênait ceux qui sont au pouvoir et cette réorganisation du parti. Eux qui pensaient que le PPRD était mort avec la rupture, avec l’organisation des élections auxquelles le PPRD et le FCC n’ont pas participé. Ils se rendent compte que c’est un parti qui a toujours son enracinement dans la société », a-t-il fait savoir.
Dans cette optique, Kambere a réaffirmé la position du PPRD, précisant que le parti n’avait aucune liaison avec le mouvement AFC, comme l’a suggéré le président Félix Tshisekedi à plusieurs reprises. Selon lui, le PPRD est un mouvement politique démocratique qui œuvre pour la reconquête du pouvoir par des moyens légaux et démocratiques, et non par des actions illégales.
« Nous sommes un parti démocrate, qui s’engage dans le combat de la reconquête du pouvoir par des voies démocratiques. Aucune action contre la loi n’a été menée, inutile d’imaginer ce que nous sommes en train de faire. Ça n’a rien à voir avec un mouvement insurrectionnel », a insisté Kambere.
Le FCC crie à l’instrumentalisation de la justice
Quelques heures avant, le FCC plate-forme politique soutenant Kabila, dans un communiqué signé par Raymond Tshibanda, dénonce une «instrumentalisation de la justice » orchestrée par le pouvoir en place. L’organisation politique accuse le Gouvernement congolais d’utiliser l’appareil judiciaire comme un outil de répression, visant à museler l’opposition et à légitimer une série d’interpellations arbitraires.
Selon le FCC, ces convocations ne sont qu’une suite logique d’une campagne de « diabolisation » initiée par le chef de l’État et relayée par des figures du Gouvernement, dont Jean-Pierre Bemba. Cette stratégie viserait non seulement à décrédibiliser le PPRD, mais aussi à justifier une éventuelle exclusion de ses cadres de la scène politique.
Le Gouvernement congolais accuse une partie de l’ancienne élite politique d’entretenir des liens avec les groupes armés M23, ce que le FCC rejette catégoriquement.
Lors de la Conférence de Munich, en Allemagne, sur la Sécurité, Tshisekedi a ouvertement pointé du doigt Kabila, l’accusant d’être le cerveau derrière l’instabilité persistante à l’est du pays. En réponse, l’ancien président via un communiqué de sa formation politique a rejeté en bloc ces accusations et a dénoncé une tentative de diversion face aux échecs du gouvernement actuel dans la gestion de la crise sécuritaire.
Joseph Kabila, autorité morale du PPRD, a récemment légitimé les revendications du M23, une position qui a exacerbé les tensions avec l’actuel pouvoir. Cette posture a renforcé la méfiance des autorités congolaises, qui cherchent à établir d’éventuelles connexions entre le réseau politique kabiliste et les rebelles.
Face à cette tempête judiciaire, le FCC appelle ses militants au calme mais les exhorte à rester mobilisés. De son côté, le pouvoir en place semble déterminé à poursuivre cette offensive judiciaire, convaincu que le camp Kabila y est pour quelque chose dans l’insécurité grandissant dans l’Est du pays.
Ce n’est pas la première fois qu’un cadre du PPRD est invité à s’expliquer devant les autorités. Le samedi 1er mars dernier, Emmanuel Ramazani Shadary avait déjà été convoqué par Jacquemain Shabani Lukoo, Vice-premier ministre chargé de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation. À l’issue de cette rencontre, Shadary avait assuré que les divergences avaient été aplanies et insisté sur la nécessité d’une gestion apaisée des affaires publiques.
Christian-Timothée MAMPUYA