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Les marchands de Kananga dénoncent la hausse injustifiée de la taxe d'étalage
La grogne sévit dans les rangs des marchands la ville de Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï Central. Ils dénoncent une série d'injustices, dont la majoration répétée de la taxe d'étalage, couplée à une insalubrité grandissante. C'est du moins ce qu'ils révèlent à une poignée de journalistes la ronde des marchés de Kananga hier lundi 18 août.
Première étape de notre tournée, le marché central de Kananga. Ici, commerçantes et commerçants, visiblement frustrés, ont exprimé leur ras-le-bol face à l'augmentation continue du prix de la taxe d'étalage. "Avant, nous payions 200 francs congolais par jour. Ensuite, le montant est passé à 300 francs, et maintenant, on nous exige 500 francs chaque jour", nous a confié une vendeuse de légumes, panière à la main, visiblement excédée.
Ce qui choque davantage, selon ces marchands, c'est l'absence totale d'amélioration visible, des conditions de travail au sein du marché. "On paye tous les jours, mais regardez autour de vous : des flaques d'eau stagnantes, des tas d'immondices qui s'accumulent, des caniveaux bouchés… qui exhalent des odeurs insupportables… C'est cela, le marché central de Kananga aujourd'hui !", a martelé un vendeur de produits vivriers.
En effet, malgré ces contributions quotidiennes exigées sans relâche, les installations du marché restent dans un état déplorable. L'insalubrité, les inondations, le manque de drainage et l'insuffisance d'espaces d'évacuation des déchets compromettent sérieusement les activités commerciales et posent même des risques sanitaires pour les vendeurs et les clients.
PLAINTES AU MARCHÉ OFIDA
La même situation a été observée au marché Ofida, situé dans le quartier Kamayi. Là aussi, les commerçants ne mâchent pas leurs mots. Ils dénoncent l'insalubrité chronique, l'absence d'entretien, " la perception arbitraire " d'une taxe qui, selon eux, ne reflète aucunement la réalité du service rendu.
"C'est comme si on nous faisait payer pour rien. Le marché est sale, les toilettes impraticables. Et pourtant, chaque jour, nous devons payer cette taxe. Et quand on ose poser des questions, on nous menace de confisquer nos marchandises", a lâché un commerçant rencontré sur place.
LA REDEVABILITE S'IMPOSE
Ces cris du cœur, de plus en plus nombreux, remettent sur la table la question de la gestion des recettes locales issues des marchés publics. Les marchands réclament une transparence dans la collecte des taxes, une redevabilité de la part des gestionnaires de ces lieux publics, et surtout un minimum de retour en termes de services.
Face à cette grogne qui enfle, les autorités locales sont interpellées. L'opinion publique exige désormais des réponses claires. Pourquoi la taxe d'étalage augmente-t-elle sans amélioration des conditions ? Où vont les fonds collectés chaque jour ? Quel mécanisme de contrôle est mis en place pour éviter les abus dans la perception des taxes ?
Des voix s'élèvent pour demander un audit de la gestion des marchés publics à Kananga, ainsi qu'une réforme en profondeur du système de taxation locale, afin qu'il soit plus juste, plus transparent et véritablement au service du développement urbain.
Félix Mulumba Kalemba