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Wang Yi appelle à l'arrêt des hostilités au Moyen-Orient
* Le ministre des affaires étrangères détaille la position de la Chine sur les grandes questions internationales
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a tenu une conférence de presse d'une heure trente à l'occasion des sessions annuelles de l'Assemblée populaire nationale (APN) et de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC).
Lors de cet exercice rare et très encadré, le chef de la diplomatie chinoise a présenté un panorama complet de la position de la Chine sur les dossiers internationaux les plus sensibles, en insistant particulièrement sur la situation en Iran et au Moyen-Orient.
MOYEN-ORIENT : UNE GUERRE "QUI N'AURAIT JAMAIS DU AVOIR LIEU"
M. Wang Yi a exprimé la condamnation de la Chine face à la guerre au Moyen-Orient, qu'il a qualifiée de conflit "qui n'apporte aucun bénéfice à aucune des parties". Reprenant un adage chinois, il a rappelé que "les armes sont des instruments dévastateurs, et y recourir exige la plus grande prudence".
Pour la Chine, la solution aux tensions en Iran et dans la région doit s'appuyer sur cinq principes fondamentaux : le respect de la souveraineté nationale, le refus de l'usage arbitraire de la force, la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays, la résolution politique des différends et le rôle constructif des grandes puissances.
"Le monde ne peut pas retourner à la loi de la jungle", a insisté M. Wang, dans une allusion claire aux interventions militaires des États-Unis et d'Israël en Iran. Il a renouvelé l'appel de la Chine à un arrêt immédiat des hostilités et au respect de la souveraineté des États, tout en exprimant sa volonté de collaborer avec les pays du Moyen-Orient à travers l'Initiative pour la sécurité mondiale afin de restaurer la paix et la stabilité dans la région.
RELATIONS AVEC LES GRANDES PUISSANCES : PRUDENCE ET COOPERATION
Sur le plan bilatéral, M. Wang a abordé les relations sino-américaines, qualifiant 2026 d'"année importante". Il a appelé à la préparation minutieuse des prochaines négociations, au contrôle des différends existants et à l'élimination de toute ingérence inutile. Une visite annoncée du président Donald Trump en Chine en avril n'a pas été confirmée par Pékin, et le ministre a maintenu un discours prudent, axé sur les principes généraux.
Concernant la Russie, M. Wang a réaffirmé que les relations sino-russes restent "fermement inébranlables", malgré les pressions européennes visant à amener Pékin à influencer Moscou dans le conflit ukrainien. La Chine se défend d'avoir un rôle actif dans le conflit tout en appelant à sa résolution pacifique.
Quant à l'Europe, le chef de la diplomatie chinoise a insisté sur le rôle de partenaire de la Chine plutôt que de concurrent. "Eriger des remparts et des barrières ne mène qu'à l'isolement", a-t-il déclaré, saluant l'ouverture progressive des pays européens au marché chinois et appelant à renforcer la coopération économique mutuelle.
MISE EN GARDE AU JAPON ET INTRANSIGEANCE SUR TAÏWAN
Abordant les tensions régionales en Asie, M. Wang a mis en garde contre toute résurgence du militarisme japonais et a rappelé l'histoire des agressions passées. Il a exprimé l'espoir que le Japon ne répète pas "les erreurs désastreuses" du passé.
Sur le dossier de Taïwan, le ministre a été catégorique: "Il n'y a jamais eu, il n'y a et il n'y aura jamais aucune possibilité qu'elle devienne un pays distinct". Selon lui, les revendications d'indépendance alimentent les tensions sécuritaires dans le détroit, et l'appartenance de Taïwan à la Chine constitue "une ligne rouge à ne pas franchir ou fouler".
À travers ses déclarations, Wang Yi a exposé la vision chinoise d'un ordre international fondé sur la souveraineté, la non-ingérence et la coopération entre grandes puissances et pays régionaux.
C-T MAMPUYA depuis Pékin en Chine