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Vivement la création du Fonds pour les générations futures dans le secteur des hydrocarbures
Quoique que prévu par l’article 19 alinéa 1 du Règlement des Hydrocarbures, le Fonds pour les générations futures au profit des communautés affectées par les exploitations pétrolières n’a jamais été mis en œuvre à ce jour. Nombreuses sont des voix qui se lèvent actuellement pour réclamer l’opérationnalisation de ce Fonds au regard des conséquences néfastes de l’exploitation pétrolière dans les communautés locales.
Dans son rapport publié hier jeudi 14 avril, avec l’appui du programme Gouvernance des Industries Extractives (PGIE) du centre Carter, l’asbl Ressources Naturelles et Développement (RENAD) recommande au Gouvernement de mettre en place le Fonds pour les générations futures dans le secteur des Hydrocarbures.
Pour cette ONG qui a mené son étude sur le territoire de Muanda, province du Kongo Central, principalement dans les villages Kitombe, Kinzazi, Liawenda et Tshiende, il est impérieux pour le Gouvernement de matérialiser ce Fonds qui est d’une importance capitale au regard des effets négatifs des exploitations pétrolières sur les populations locales.
RENAD recommande aussi l’élaboration d’une directive portant planification et documentation du processus de réinstallation dans le secteur des hydrocarbures et d’interdire le torchage de gaz à ras le sol dans les zones d’exploitation pétrolières, conformément à l’article 175 de la loi portant régime général des hydrocarbures.
Dans son étude sur le bassin côtier du littoral atlantique exploité par la Perenco Rep, RENAD Asbl a noté de graves conséquences des exploitations pétrolières sur les droits des populations locales à un environnement sain et propice à son épanouissement intégral, conformément à l’article 53 de la Constitution.
Pour Dr Bel Ange Birhakeka, qui a présenté la partie liée aux impacts sur la santé, le Benzène est une composante chimique qui provoque plusieurs maladies chez les humains dont le cancer de sang.
«Le benzène est un composé organique chimique qui appartient à la famille des hydrocarbures qui, par inhalation ou injection, affecte le système nerveux central, provoquant notamment des assourdissements, des nausées, des vomissements, des céphalées et de la somnolence. Cela affecte également la moelle osseuse, avec comme conséquences les hémorragies sévères, le cancer du sang, des inflammations pulmonaires, la congestion rénale ou d’œdème cérébral et des désordres reproductifs (menstruations anormales, perte excessive de sang pendant l’accouchement et avortement spontané)», a-t-elle affirmé.
INCIDENCE NEGATIVE
Cette étude souligne qu’au-delà des impacts positifs relativement limités dans la desserte en énergie électrique et la construction de quelques infrastructures de base, les opérations de la Perenco ont une incidence négative très prononcée sur les droits à l’information, à la participation, à l’environnement sain et à une indemnité juste et équitable des populations des sites d’exploitation de Muanda.
Pour cette étude, les fuites et les déversements des bruts du pétrole et de boue, ainsi que le torchage du gaz sont parmi les formes les plus visibles de la pollution dont sont victimes les communautés affectées. Elle soutient que cette situation expose ces dernières à de fortes concentrations en Benzène et d’autres polluants nocifs (COV, HAP, etc…) contenus dans les fumées et vapeurs des Hydrocarbures.
«Ces polluants ont de lourdes conséquences cumulées sur la jouissance des droits à l’eau, à une nourriture suffisante et à un meilleur état de santé des communautés affectées. Le torchage du gaz sur les sites d’extraction du pétrole à Muanda est à l’origine d’une pollution lumineuse qui désoriente les insectes et les oiseaux nocturnes. Certains de ces insectes pollinisateurs n’assurent plus la survie des fruits. La rareté des insectes pollinisateurs a ainsi une incidence sur les rendements agricoles dont se plaignent les habitants de Muanda», souligne le rapport.
L’étude dénonce aussi le fait que les personnes expropriées par la Perenco ne reçoivent pas des indemnités justes et équitables. Ce, dans l’indifférence totale du Gouvernement.
En ce qui concerne le droit à l’information, le rapport fustige l’absence d’un cadre de dialogue efficace entre la société et les communautés locales qui se plaignent de ne pas être suffisamment informées des activités qui affectent directement ou indirectement leur vie.
Au regard de ces constatations, le rapport recommande au Gouvernement d’instituer le Fonds pour les générations futures, tel que prévu par l’article 19, alinéa 1 du Règlement des hydrocarbures, et d’interdire le torchage à gaz à ras le sol dans les zones d’exploitation pétrolière, conformément à l’article 175 de la loi portant régime général des Hydrocarbures.
LES RECOMMANDATIONS A PERENCO
Il plaide aussi pour la signature d’un arrêté ministériel autorisant et fixant les modalités et la durée de torchage de gaz, les conditions techniques et les modalités d’application du torchage du gaz et sa durée dans la région de Muanda.
A la société Perenco, le rapport recommande de délocaliser instamment les villages et les champs des cultures situés à moins de 1000 mètres des installations pétrolières, en les indemnisant de manière juste et équitable, de mettre en place un cadre de dialogue multi acteurs et de réparer les dommages et préjudices causés aux communautés affectées. Orly-Darel NGIAMBUKULU