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Tshikapa : la pénurie de légumes-feuilles fait grimper les prix sur les marchés
La rareté des légumes-feuilles complique de plus en plus le quotidien des ménagères et des vendeuses des marchés à Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï. Cela ressort de notre ronde effectuée hier jeudi 30 juillet 2026 dans cette partie de la RDC. Produits essentiels de l'alimentation locale, les feuilles de manioc, les feuilles de patates douces et d'autres légumes maraîchers deviennent de plus en plus difficiles à trouver sur les étals.
Cette situation, observée chaque année pendant la saison sèche, perturbe fortement l'approvisionnement des marchés de la ville. La baisse des quantités disponibles entraîne une hausse sensible des prix, accentuant la pression sur les dépenses alimentaires des ménages dans un contexte économique déjà difficile.
Au marché moderne du Kasaï, dans la commune de Dibumba, plusieurs commerçantes affirment que les produits se raréfient et que leur approvisionnement devient de plus en plus coûteux.
" Ces jours-ci, c'est vraiment difficile. On parcourt de longues distances pour trouver des feuilles de manioc. Les propriétaires des champs ont aussi augmenté les prix. Avant, nous vendions à 500 francs, mais aujourd'hui les prix ont presque doublé ", témoigne une vendeuse rencontrée sur place.
LA SAISON SECHE REDUIT LA PRODUCTION MARAICHERE
Selon plusieurs acteurs du secteur, la saison sèche réduit la production maraîchère et affecte également la qualité des feuilles, ce qui complique davantage leur récolte. Les producteurs disposent de peu de marchandises, les revendeuses achètent plus cher et les consommateurs doivent, à leur tour, supporter l'augmentation des prix.
Dans plusieurs quartiers de Tshikapa, des ménagères disent avoir été contraintes de réduire les quantités achetées ou de remplacer certains légumes par des produits peu coûteux. Pour beaucoup de familles, les feuilles de manioc constituent pourtant l'un des accompagnements les plus consommés au quotidien.
Des vendeuses craignent que la situation ne s'aggrave si les conditions climatiques actuelles persistent encore plusieurs semaines. Elles appellent à un soutien accru aux producteurs maraîchers et à des mesures susceptibles de faciliter l'approvisionnement des marchés pendant les périodes de faible production.
Cette pénurie relance le débat sur la nécessité de développer davantage le maraîchage irrigué et les techniques de conservation des légumes afin de limiter les effets saisonniers sur l'alimentation des populations urbaines.
Félix Mulumba