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Nul n'est censé échapper à la démolition des constructions anarchiques
Les bulldozers déployés sur quelques sites par la Task Force d'assainissement de la ville de Kinshasa sont entrés en action depuis le week-end dernier, particulièrement à l'UPN. Dans une de ses récentes publications, votre quotidien s'est insurgé contre les propriétaires des édifices qui avaient érigé leurs infrastructures sur les emprises publiques, mais qui ne manifestaient aucun empressement pour faire évacuer leurs biens, à l'approche des engins destructeurs de la Task Force.
Parmi les sites cités, il y avait celui de l'UPN. Et voilà que quelques jours après, ce qui devait arriver est arrivé. À ce propos, d'aucuns condamnent fermement l'entêtement de tous ceux qui se sont obstinés à construire là où il ne fallait pas. C'est le cas d'un opérateur économique qui a refusé de suivre les conseils de son neveu qui, déjà à l'époque du président Mobutu, lui avait demandé de ne pas construire sur le terrain qu'il a acquis. Mais, sûr de son influence politique à l'époque, il a rejeté catégoriquement ce conseil en s'en tenant à sa position.
Aujourd'hui, plusieurs années après, il se rend compte que personne ne peut se placer au-dessus de la loi, quelque que soit son rang social. Il est obligé de s'incliner devant la puissance de l'État.
DESORDRE FONCIER
En principe, les propriétaires des maisons et immeubles n'ont pas posé l'acte aujourd'hui remis en question de leur propre gré. Ils ont disposé de documents qui leur ont permis de construire, au vu et au su de tout le monde.
Il est injuste aujourd'hui qu'ils soient les seuls à payer le pot cassé. Les agents de l'État qui ont favorisé cet impair doivent être poursuivis. Et, si leur responsabilité est prouvée, subir la rigueur de la loi.
En tout état de cause, nous devons reconnaître que la responsabilité première de cette bouillabaisse revient aux propriétaires de ces immeubles qui ont pensé défier l'autorité, croyant que la RDC était et resterait une jungle.
La griffe que la Task Force est en train de leur administrer présentement constitue une bonne leçon pour eux et tous ceux qui seraient tentés d'entreprendre une telle aventure.
Dura lex sed lex, disent les Romains. Autrement dit, "la loi est dure, mais c'est la loi". Il n'y a pas d'autres attitudes à adopter face aux inciviques à part la démolition de leurs propriétés érigées dans l'anarchie la plus totale. L'État a aussi ses droits qu'il doit préserver. À défaut, nous tombons dans le néant.
Muke MUKE