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Nord-Kivu : Raïssa Malu réaffirme la gratuité de l'enseignement primaire face à l'arrêté de l'AFC/M23
Alors que la rentrée scolaire bat son plein sur l'ensemble du territoire national, le ministère de l'Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté (Minedu-NC) a tenu à rappeler, avec force, que la gratuité de l'enseignement primaire public reste un principe constitutionnel intangible et irréversible, y compris dans les zones sous occupation des groupes armés.
Dans un communiqué officiel, la cellule de communication du ministère souligne : " Aucun frais ne peut être exigé aux parents d'élèves du primaire public. Toute dérogation à ce principe constitue une rançon injuste et inconstitutionnelle, étrangère à l'État ". Le gouvernement, rappelle-t-on, prend en charge " les frais de fonctionnement, les salaires et les primes liés à la mise en œuvre effective de la gratuité pour tous les enseignants, bureaux gestionnaires et établissements concernés ".
Cette déclaration fait suite à l'arrêté pris par les autorités de l'AFC/M23 dans la province du Nord-Kivu, à l'intention des directeurs et chefs d'établissement de l'Éducation nationale, fixant des frais de scolarité pour l'année scolaire 2025-2026. Selon ce texte, les frais trimestriels seraient de 8.000 FC pour la maternelle et le primaire, soit 24.000 FC sur l'année, et de 10.000 FC pour le secondaire de base (7ème, 8ème et options), soit 30.000 FC annuels. Une mesure qui, selon Kinshasa, " constitue une violation des droits fondamentaux des enfants et un contournement de la Constitution ".
La ministre Raïssa Malu a tenu à réaffirmer que la gratuité de l'enseignement primaire public sera effective sur tout le territoire national, même dans les zones sous occupation de l'armée rwandaise sous couvert de l'AFC/M23. Elle insiste : " En aucun lieu de la république, il n'est permis de remettre en cause cette avancée historique ". Le gouvernement s'engage donc à assurer le financement des frais de fonctionnement, des salaires et des primes pour l'ensemble des enseignants et des établissements, conformément à la volonté de garantir l'accès à l'éducation pour tous les enfants congolais.
Face à cette situation, le Vice-Premier ministre chargé de l'Intérieur et de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a dressé un tableau contrasté de la rentrée scolaire lors d'un briefing avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya. " La rentrée scolaire a été effective et sécurisée sur l'ensemble du territoire national. Malheureusement, les enfants qui se trouvent dans les zones conquises par les occupants ne bénéficient pas de la gratuité de l'enseignement ", s'est-il plaint.
M. Shabani a également dressé un constat inquiétant sur la situation sécuritaire dans les zones contrôlées par la coalition Mouvement du 23 mars (M23)/Alliance du Fleuve Congo (AFC). Il accuse ces groupes armés d'opérer de manière illégale et de continuer de violer les droits humains.
" Nos équipes sur le terrain continuent à nous envoyer des données sur les violations des droits humains par les rebelles. Ces derniers agissent ainsi malgré le processus de paix en cours à Doha ", a ajouté le Vice-Premier ministre.
Ezechiel Monteirious MONTEIRO