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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Moïse Moni Della demande à Félix Tshisekedi de décréter la date de la fin du Ramadan, jour férié
La décision du Chef de l’État de faire du 6 avril, date anniversaire de l’église kimbanguiste, une journée chômée et payée en République démocratique du Congo, est à saluer.
Mais au nom de la laïcité, de la justice, de l’équité et du bon sens dans un État de droit, le président de la République devrait aussi reconnaître une des fêtes des musulmans – L’Aîd elfiltr- marquant la fin du mois sacré de Ramadan, comme une journée chômée et payée. Ne pas le faire, serait une injustice manifeste, inacceptable aux yeux des musulmans congolais.
Le mépris des musulmans congolais, mieux l’exclusion de cette communauté, date de la colonisation. Il est temps d’y apporter réparation.
Tenez, les fêtes chrétiennes de Noël et de Pâques ont toujours été des journées chômées et payées au pays. Si les Kimbanguistes bénéficient aujourd’hui de cette faveur ou de ce droit, pourquoi pas les musulmans? Ces derniers sont-ils citoyens de seconde zone ? La laïcité ne veut-elle pas dire tout simplement qu’il n’y a pas en RDC une religion d’État ? Que toutes les religions sont logées à la même enseigne ?
Cette laïcité proclamée dans notre Constitution dans son premier article veut tout simplement dire que la RDC est un État de droit : indépendant de toutes les confessions religieuses. Il est non confessionnel, non inféodé, non partisan, sans penchant.
Toutes les religions ont, selon la loi fondamentale, les mêmes droits et bénéficient des mêmes avantages et faveurs de l’État.
Accorder aux Kimbanguistes une journée chômée et payée est une bonne chose, vu le combat mené par Simon Kimbangu pour l’émancipation de l’homme noir. Mais, ne pas le faire pour les musulmans peut être assimilé à une violation de la Constitution qu’ils ne pourront en aucun cas accepter.
Nous demandons respectueusement au président de la République de corriger et de réparer cette discrimination, en sa qualité de garant de la Constitution et de père de la nation.
Un autre exemple frappant de l’exclusion des musulmans en RDC peut être trouvé à la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Comment expliquer que depuis sa création, aucun musulman n’a dirigé cette institution d’appui à la démocratie ? Pourtant, ce ne sont pas des compétences avérées et certifiées en la matière qui manquent.
Dans un État de droit, on bénéficie des mêmes avantages et obligations. La justice élève une nation, elle est le ciment de l’unité et de la paix, le rempart de l’exclusion et de la discrimination. Toutes les crises récurrentes que notre pays a connues ont comme soubassement, l’exclusion, rappelle la même Constitution dans son préambule. Écarter à chaque fois les musulmans congolais est un danger pour la cohésion nationale.
Que la justice soit faite, que vive la République laïque, indivisible, démocratique du Congo.
Moïse Moni DELLA Idi
Fidèle musulman