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A Matonge, les changeurs attribuent la dépréciation du franc congolais à des spéculations
Il s’observe une certaine dépréciation du franc congolais sur le marché de change par rapport au dollar américain. Si à l’interbancaire la semaine s’est clôturée avec un taux de 2.035 CDF pour 1 USD, au parallèle le taux de change appliqué le week-end dernier a franchi la barre de 2.350 CDF pour 1 USD.
Interrogés, les cambistes oeuvrant au quartier névralgique de Matonge dans la commune de Kalamu attribuent cette dépréciation a des spéculations sur le marché de change. « Elle s’explique par des anticipations irrationnelles de l’évolution des cours des monnaies« , explique Mi José habitué à travailler en collaboration avec les stations-service au Rond-Point Victoire.
« Cela signifie, ajoute-t-il, que des changeurs de monnaie auprès de qui les opérateurs économiques, en quête de devises, s’approvisionnent des devises et satisfaire à leurs besoins non satisfaits par les banques, se permettent d’augmenter le taux de change de la devise afin d’en tirer profit individuel à court terme« .
Fort de son expérience dans le domaine de change, un autre cambiste rencontré entre les avenues Kasa-Vubu et Oshwe analyse la dépréciation de la monnaie locale face au dollar américain sous un autre angle.
« La réglementation de change en vigueur en RDC interdit aux changeurs de monnaie appelés communément cambistes la spéculation et la volatilité sur le marché de change. Cela implique que dans le cadre de leurs transactions d’achat et de vente de devises contre le franc congolais, ils sont astreints à appliquer un taux vendeur qui n’excède pas les 2,5% du taux acheteur« , a-t-il affirmé tout en déclarant s’être basé sur la législation en vigueur.
Freddy, la cinquantaine révolue, avoue être habitué à ce genre de dépréciation du franc congolais face aux devises étrangères. Mais pour le cas actuel, ce cambiste de renom sur l’avenue du Stade pointe d’un doigt accusateur les banques commerciales.
« plus assez de liQuidites en dollars »
« Les banques commerciales n’ont plus assez de liquidités en dollars américains« , répond-t-il. Dans ce contexte, explique le cambiste, « les banques commerciales qui ont souvent l’habitude d’importer des devises conformément aux normes financières internationales ont du mal à le faire actuellement pour répondre aux besoins de leur clientèle respective, surtout des opérateurs économiques en ce moment où les besoins en importations des biens ne cessent d’accroître« .
D’un avis à l’autre, une jeune dame cambiste installée entre les avenues Ethiopie et Victoire attribue cette situation à la rareté des dollars américains. « Tout part de la légère dépréciation du franc congolais qui se justifie par la hausse de la demande de devises et une contraction de l’offre« , justifie-t-elle.
En effet, poursuit cette ancienne finaliste à l’Institut supérieur de commerce (ISC), « les anticipations alimentent la demande pour le motif de précaution alors que la baisse de l’offre tient surtout au retard d’approvisionnement des banques en dollars américains suite notamment aux perturbations du trafic aérien observé ces derniers temps sur le plan interne« . Rachidi MABANDU