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Louvain Coopération consolide les OSC dans la mobilisation des ressources
Depuis Luanda en Angola, la Directrice nationale de Louvain Coopération, Mme Madeline Saadeh, a donné ce lundi 5 octobre à Kinshasa le coup d’envoi de la formation axée sur la mobilisation des ressources financières en faveur des Organisations de la Société Civile. Financées par l’Union européenne dans le cadre du projet «Facilité les Initiatives Locales», ces assises de trois jours visent à affranchir les structures locales de la dépendance financière et à garantir la pérennité de leurs actions humanitaires et de développement.
Les Organisations de la Société Civile de la République Démocratique du Congo font face à un défi persistant relatif au manque récurrent d’autonomie financière. Une situation qui fragilise leurs interventions et compromet gravement la viabilité de leurs projets au service des populations.
C'est pour apporter une réponse concrète et durable à cette problématique majeure que s'est ouvert, hier lundi 5 octobre à Kinshasa, un atelier de formation axé sur la recherche de financements (fundrasing) et la gouvernance financière.
Édifier un partenariat solide
Organisé dans le cadre du projet "Facilité les Initiatives Locales" et appuyé par le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Louvain Coopération, grâce au concours financier de l’Union européenne, cet atelier réunit les dirigeants et les responsables financiers des structures partenaires de Kinshasa.
Intervenant à distance depuis l'Angola lors de la cérémonie d'ouverture, la Directrice nationale de Louvain Coopération, Mme Madeline Saadeh, a recadré les enjeux fondamentaux de cette démarche.
Selon l'intervenante, la quête de ressources ne doit pas être perçue comme une simple sollicitation ponctuelle, mais plutôt comme l'édification d'un véritable cycle de confiance et d'un partenariat stratégique à long terme avec les bailleurs de fonds.
Comment sortir de la dépendance financière
À la suite du diagnostic institutionnel et de l'auto-évaluation qui ont révélé des lacunes probantes sur les stratégies de mobilisation de ressources, l'atelier ouvert dans la capitale congolaise se fixe plusieurs objectifs ambitieux pour armer les participants.
Il s'agit, tout d'abord, de permettre à chaque organisation de repartir avec une matrice et une stratégie de collecte de fonds personnalisées et directement opérationnelles, en parfaite adéquation avec ses domaines d'intervention et ses besoins réels.
L'atelier vise également à enseigner aux acteurs sociaux les mécanismes nécessaires pour sortir de la dépendance exclusive vis-à-vis d'un seul bailleur.
Pour ce faire, les participants sont conviés à diversifier leurs revenus par la combinaison de fonds propres, de partenariats privés auprès d'entreprises, de fondations ou de la diaspora, ainsi que de financements bilatéraux et multilatéraux.
Par ailleurs, les participants sont invités à explorer les opportunités d'avenir qu'offrent les financements alternatifs comme les crédits carbone, le paiement pour services écosystémiques ou les fonds fiduciaires.
Veiller à une bonne gouvernance
En outre, les organisateurs mettent un accent particulier sur le renforcement de la gouvernance interne et la séparation stricte des tâches entre les instances d'orientation et la gestion financière. Condition indispensable pour garantir la transparence et restaurer la crédibilité auprès des partenaires techniques et financiers.
Pour atteindre ces résultats de manière efficace, la méthodologie retenue privilégie l'apprentissage par l'expérience et la pratique participative.
Trois étapes à maîtriser
Placée sous la conduite des experts de Louvain Coopération, la formation amène les représentants des organisations à franchir trois étapes méthodologiques complémentaires.
Les séminaristes débutent par l'acquisition de nouvelles connaissances théoriques et pratiques sur les techniques, les outils et les critères d'évaluation des bailleurs de fonds.
Ils enchaînent ensuite avec un diagnostic approfondi des écarts entre ces bonnes pratiques et la réalité quotidienne au sein de leurs structures respectives.
Enfin, cette démarche réflexive débouche sur la définition d'un plan d'action visant à corriger les déficits repérés, surmonter la peur de solliciter des financements et amorcer un changement organisationnel durable.
Formations en provinces
L'atelier de Kinshasa, dont les travaux se poursuivront activement jusqu'au mercredi 7 octobre, constitue la première étape d'un vaste programme d'accompagnement qui s'étendra durant tout le mois d'octobre 2026 sur l'ensemble du territoire national.
Selon le calendrier arrêté par Louvain Coopération, la formation se poursuivra en présentiel à Matadi pour l'axe Kongo Central du 12 au 15 octobre. Les organisateurs mettront, par la suite, le cap sur Mbandaka dans la province de l'Équateur du 26 au 28 octobre.
Pour surmonter les contraintes logistiques, d'enclavement ou de sécurité, des sessions virtuelles seront également organisées pour les structures du Nord et du Sud-Kivu du 19 au 21 octobre. Puis, pour celles du Bandundu et du Kasaï les 22 et 23 octobre.
À l'issue de ces parcours renforcés, chaque participant recevra un module complet ainsi qu'un brevet attestant de ses nouvelles compétences. L'occasion sera propice pour jeter les bases d'une société civile congolaise plus forte, plus autonome et pleinement actrice de son propre développement.
Yves KALIKAT