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Les notables du Kwilu réclament la restitution de 42.000 ha de terres vendues
Au total 42.000 hectares (ha) de terres ont été vendues par des anciennes autorités de la province du Kwilu à une société privée de droit étranger. Cette superficie de terres englobe une cinquantaine de villages dont les habitants se retrouvent actuellement dans une situation précaire. Leur vie est sérieusement affectée. Cette vente s’est opérée de manière illégale au mépris de la législation foncière en vigueur. Face cette situation, des notables de cette entité politico-administrative n’ont pas baissé les bras. Ils sont déterminés à faire prévaloir les droits des propriétaires.
C’est pourquoi, ils se sont rendus à Kinshasa où ils ont rencontré la ministre d’Etat, ministre des Affaires foncières, Acacia Bandubola pour réclamer la restitution de ces terres aux ayant-droit.
À cette occasion, ils ont exprimé leur inquiétude par rapport à la situation critique que connaissent ces populations expropriées de leur héritage ancestral. Selon le porte-parole desdits notables, ces villageois vivent dans des conditions très compliquées. Ils sont chez eux comme s’ils étaient des étrangers. Il a renchéri en déplorant le fait que même les ressortissants de ces villages ne peuvent pas y accéder du fait que la société incriminée se comporte en imposteur.
vente à caractère illégal
Les notables ont, en outre, fait comprendre à leur hôte que cette transaction revêt un caractère illégal étant donné que la législation foncière actuelle n’autorise pas à un gouverneur de province de céder plus de 20 hectares de terres à un demandeur. Alors que tout à fait le contraire de ce qui s’est produit au Kwilu où le Gouverneur aurait vendu 42.000 ha, une superficie bien supérieure aux limites imposées par la loi.
La ministre des Affaires foncières a prêté une oreille attentive aux revendications des notables du Kwilu qui ont adopté une démarche légale, en lieu et place d’une approche conflictuelle. Car, d’autres à leur place auraient, poussé les habitants expropriés à la vindicte populaire. C’est sans doute la raison pour laquelle la patronne des Affaires foncières s’est engagée à résoudre ce problème compliqué de manière adéquate afin de mettre fin à ce conflit qui affecte des milliers de familles dans leur propre territoire.
Au regard des affrontements sanglants qui déchirent le Mai Ndombe et le Kwango voisins avec les hors-la-loi appelés Mobondo, il importe que le gouvernement agisse et fasse prévaloir la loi dans sa rigueur pour éviter que le Kwilu, déjà secoué en partie par les Mobondo, ne tombe dans la tragédie.
Des spoliations partout au même moment
Il importe, par ailleurs, de noter avec regret la montée, dans la même fourchette de temps, de nombreux cas de spoliation des biens publics et privés. Dans notre parution d’hier mercredi 21 août 2024, nous avons fait état de l’expropriation au détriment de l’Etat de plusieurs villas dans la commune de Mont Ngafula. Aujourd’hui, c’est le cas du site des maraîchers au quartier 8 à côté du terrain Cecomaf dans la commune de Ndjili qui retient notre attention. Ici ce sont plus de 2000 maraîchers qui ont été déguerpis de manière brutale par quelques éléments de la Police nationale congolaise à la solde de certains inciviques qui se sont référés à une décision judiciaire visiblement inique.
Pour montrer que l’Etat existe, l’auditeur général des FARDC du coin a arrêté toutes les personnes impliquées dans cet acte répréhensible et ordonné la libération immédiate des maraîchers qui avaient été arrêtés arbitrairement. Conscients de leur forfait, les policiers postés sur le lieu ont pris la poudre d’escampette et les maraîchers ont dû réoccuper paisiblement leur site.
La force de la loi a prévalu. Ce qui s’est produit à Ndjili Cecomaf peut l’être au Kwilu et partout ailleurs pour montrer que la RDC n’est pas une république bananière.
Muke MUKE