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LE CONTRASTE QUI FAIT POLÉMIQUE, Kananga : le nouveau campus de l'Unikan n'a pas été utilisé pour la collation des grades
*Bâtiments modernes, organisation contestée, l'institution sous le feu des critiques
L'Université de Kananga (Unikan), présentée comme l'un des symboles du renouveau universitaire dans la province du Kasaï-Central, se retrouve au cœur d'une vive controverse après la tenue d'une cérémonie de collation des grades et de clôture de l'année académique édition 2025-2026, dont les images ont largement circulé sur les réseaux sociaux.
À l'origine du débat, une publication critique dénonçant ce que son auteur considère comme un décalage entre le prestige des nouvelles infrastructures de l'université et le cadre choisi pour accueillir un événement qualifié d'important. Le message, accompagné de photographies montrant d'une part une cérémonie organisée sous des bâches dans un espace peu aménagé et, d'autre part, le nouveau bâtiment moderne de l'Unikan a suscité de nombreuses réactions parmi les étudiants, enseignants et anciens de l'université et internautes.
LE RÔLE DU JOURNALISTE : RAPPORTER LES FAITS
L'auteur de la publication rappelle une formule souvent citée dans le monde des médias : "Le journaliste n'a pas d'amis lorsqu'il s'agit de diffuser l'information ; il a plutôt des faits à rapporter".
Cette introduction donne le ton d'une critique qui se veut fondée sur l'observation des faits plutôt que sur des considérations personnelles. Elle résume l'éthique du journalisme : le devoir de vérité et l'objectivité passent avant les relations personnelles ou les pressions extérieures.
De cette publication, on relève deux éléments essentiels : la non-occupation de nouvelles infrastructures et l'absence d'aménagement adéquat du site retenu pour la cérémonie. Pour son auteur, ces choix portent atteinte à l'image d'une institution censée incarner l'excellence académique et servir de référence dans le Kasaï-Central.
UN CONTRASTE QUI INTERPELLE L'OPINION
Les images diffusées ont particulièrement marqué l'opinion publique : le nouveau bâtiment de l'Unikan, avec son architecture moderne, ses façades vitrées et son esplanade aménagée, représente l'investissement consenti pour améliorer le cadre universitaire. En face, les photographies de la cérémonie montrent un dispositif plus modeste, avec des bâches de fortune, un espace ouvert et une organisation jugée insuffisamment valorisante pour un événement officiel.
Ce contraste visuel a alimenté une question simple mais centrale : pourquoi une université disposant d'infrastructures modernes n'a-t-elle pas organisé cette cérémonie dans un cadre reflétant davantage son niveau d'ambition ?
L'IMAGE INSTITUTIONNELLE NE SE LIMITE PAS AUX BÂTIMENTS
Au-delà de l'émotion suscitée par les images, cette affaire soulève une problématique plus profonde : celle de la communication institutionnelle. Dans les universités modernes, l'image ne dépend pas uniquement des infrastructures construites, mais aussi de la manière dont elles sont utilisées et mises en valeur.
Le cadre, l'organisation, la logistique, l'accueil des invités, la sonorisation, la disposition des participants, la propreté des lieux et même l'esthétique générale constituent des éléments de communication à part entière. Comme le souligne la publication, "tout est communication". Une cérémonie mal préparée peut parfois laisser une impression plus durable que les discours prononcés ou les objectifs poursuivis.
La controverse autour de cette cérémonie ne doit pas être réduite à une simple querelle sur les réseaux sociaux. Elle traduit une attente plus large de la population : voir les investissements réalisés dans l'enseignement supérieur s'accompagner d'une organisation à la hauteur des ambitions affichées.
L'excellence universitaire ne se mesure pas uniquement au nombre de bâtiments construits, mais à la cohérence entre les infrastructures, la gestion, la communication et la qualité des événements organisés au sein de l'institution.
L'Unikan dispose aujourd'hui d'un potentiel important pour devenir une véritable référence académique dans le centre du pays. Mais ce potentiel devra être soutenu par une culture de rigueur, de transparence et de valorisation constante de l'image institutionnelle, car dans l'espace public contemporain, ce que l'on montre compte, autant que ce que l'on construit.
Félix MULUMBA KALEMBA