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La BAD salue les bonnes performances économiques de l'Afrique
ABIDJAN, 31 mars (Xinhua) -- La Banque africaine de développement (BAD) a publié lundi à Abidjan son rapport 2026 sur les performances et perspectives macroéconomiques de l'Afrique, faisant notamment état d'un taux de croissance du PIB du continent augmentant à 4,2% en 2025, contre 3,5% en 2024.
Présentant les principales conclusions de ce rapport, le président de la BAD, Sidi Ould Tah, a indiqué que cette progression de la croissance était largement partagée à travers le continent. "L'Afrique compte aujourd'hui 12 des 20 économies les plus dynamiques au monde en 2025, ce qui constitue une source de fierté pour nous", a-t-il souligné.
D'après les projections, la croissance économique du continent devrait atteindre 4,3% en 2026 et 4,5% en 2027, soutenue notamment par la consommation privée, l'assouplissement des conditions monétaires et la hausse de la demande extérieure.
Toutefois, ces prévisions ont été établies avant la récente crise au Moyen-Orient, susceptible d'influencer sur la trajectoire de la croissance en Afrique, a averti M. Tah, appelant à la mise en œuvre de politiques audacieuses pour soutenir l'activité économique et atténuer les risques.
Il a notamment plaidé pour une meilleure gestion de la dette publique, un renforcement de l'intégration régionale à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), ainsi que des réformes du système financier et une de l'efficacité des investissements publics.
De son côté, l'économiste en chef et vice-président de la BAD chargé de la gouvernance économique et de la gestion des connaissances, Kevin Chika Urama, a mis en avant le caractère généralisé de la reprise économique en 2025, tout en soulignant les défis liés à la crise au Moyen-Orient.
Selon lui, si ce conflit devait se prolonger au-delà de trois mois, il pourrait entraîner une révision à la baisse des prévisions de croissance d'environ 0,2 point de pourcentage, en raison notamment de la dépendance de plusieurs économies africaines aux exportations de pétrole.
Il a également averti que la fermeture du détroit d'Ormuz pourrait perturber l'approvisionnement en matières premières stratégiques, telles que le pétrole, le gaz, les engrais et les produits chimiques, ainsi que peser sur les investissements et les flux financiers à destination du continent, en cas de conflit prolongé.
Malgré ces risques, M. Urama a estimé qu'il n'y avait pas lieu de céder à l'inquiétude, rappelant la résilience des économies africaines face aux chocs récents, notamment la pandémie de COVID-19, la crise financière mondiale et la guerre en Ukraine.
"Il n'y a pas de raison de paniquer, il faut surtout mettre en œuvre des politiques appropriées et mobiliser les bons leviers", at-il dit, évoquant notamment la gestion budgétaire, la mobilisation des ressources intérieures et le renforcement des filets sociaux.
La BAD publie ses Perspectives économiques en Afrique 2026, son rapport annuel phare, lors de la 61ème assemblée annuelle prévue en République du Congo du 25 au 29 mai.