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Kinshasa: perturbation dans la paie des enseignants de la Tshangu
Une bonne partie des chevaliers de la craie de la province éducationnelle de Tshangu n’étaient pas encore payés jusqu’au moment nous mettons sous presse. Ils ont passé la fête pascale sans sous, alors que leurs collègues d’autres provinces éducationnelles ont perçu leurs dus il y a quelques jours déjà.
Selon les enseignants concernés, cette situation est due à l’incapacité de leur nouvelle banque payeuse d’honorer ses engagements pris vis-à-vis du gouvernement.
Pour rappel, ces enseignants étaient payés dans le passé par une banque qui est tombée presque en faillite. Pour ne pas préjudicier ce personnel qui assure l’éducation des enfants, le gouvernement a carrément décidé de délocaliser leur adresse de paie vers une autre banque. Malheureusement, celle - ci ne se montre pas à la hauteur de sa tâche alors qu’elle vient à peine d’être responsabilisée. Suite à cette perturbation, les victimes sont descendues au siège de cette institution bancaire au début du week-end pour exprimer leur ras-le-bol. Suite à ce mouvement de protestation, elles (victimes) espèraient qu'à partir de mardi 7 avril leur banque va honorer ses engagements. Le vrai problème est que le rythme de programmation tel qu’arrêté risque d’entraîner la paie jusqu’aux environs du 20 avril, ce qui est inadmissible.
Face à cette perturbation déplorable, la plupart des enseignants qui se trouvent dans cette situation recommandent au gouvernement de prendre des décisions idoines pour éviter pareils désagréments.
Il se pose déjà un problème très sérieux concernant la hauteur des salaires alloués aux enseignants. Si le rythme de la paie vient s’ajouter à ce grand défi, le gouvernement se trouvera devant un dilemme compliqué.
Parmi les pistes de solution envisagées, les enseignants estiment que celle concernant le recours à la Caisse nationale d’épargne du Congo (CADECO) paraît la plus idéale.
Aucune banque commerciale à capitaux congolais
Selon les défenseurs de cette solution, la RDC ne dispose aujourd’hui d’aucune institution bancaire appartenant à 100% aux Congolais, comme ce fut à l’époque avec la Banque de Kinshasa (BK) de feu Dokolo ou Banque congolaise de commerce (BCCE) ou encore de la Banque internationale du Congo (BIC) de M. Kinduelo, toutes trois tombées en faillite.
Cependant, la CADECO présente aujourd’hui la seule alternative crédible face à l’invasion des banques à capitaux étrangers qui ont pris d’assaut la RDC. La CADECO dispose d’un patrimoine immobilier disséminé à travers tout le territoire national. Il suffit de la redynamiser grâce à un leadership clairvoyant pour la rendre compétitive et répondre aux attentes de l’ensemble du personnel payé par l’État.
Actuellement, à l’intérieur du pays la plupart des agents payés par le trésor public parcourent des longues distances pour atteindre leurs banquiers. Cet exercice expose les bénéficiaires à des grands risques surtout ceux qui empruntent les voies navigables où les baleinières connaissent régulièrement des naufrages.
Le dimanche 5 avril 2026, à l’occasion de l’accueil réservé aux Léopards devant l’esplanade du Palais du peuple, des jeunes ont réclamé à tue - tête au président Tshisekedi l’emploi. La redynamisation de la seule institution bancaire commerciale, la CADECO, offre beaucoup d’opportunités d’emploi à ces nombreux jeunes qui ploient dans la précarité suite au chômage qui les frappe de plein - pied.
Une solution idoine appropriée au problème de paiement fluide des agents publics est là, mais ceux qui sont sensés d’y recourir sont malheureusement distraits. Il suffit qu’ils prennent conscience pour qu’un des grands défis auxquels le pays fait face soit résolu.
Muke MUKE