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Face à Ebola, ne pas reléguer les autres crises au second plan
L’épidémie de maladie d’Ebola mobilise, en ce moment, d’importants moyens en République démocratique du Congo. Cependant, Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur la nécessité de maintenir les soins et les financements consacrés aux autres crises sanitaires dans l’est du pays pour éviter une aggravation de la situation humanitaire. Entre autres, choléra, rougeole, paludisme, violences liées au conflit continuent de menacer des milliers de personnes au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
« Ebola est une urgence majeure, mais ce n’est pas la seule. Chaque jour, nous recevons aussi des patients atteints de diverses maladies, des personnes blessées par les combats ou des survivantes de violences sexuelles. Pour ces communautés, toutes ces urgences coexistent et nécessitent une réponse simultanée. Lorsque les soins de santé de base sont interrompus, davantage de personnes risquent de mourir de maladies évitables. Il est indispensable de préserver la continuité des soins pour soigner toutes les autres pathologies, y compris pour l’accès aux soins primaires », explique Joshua Eckley, Chef de programmes MSF au Sud-Kivu.
PLUS DE 108.643 CAS SUSPECTS DE ROUGEOLE
Depuis la déclaration de l’épidémie d’Ebola, l’attention médiatique et les ressources se concentrent largement sur cette urgence. Si cette mobilisation est indispensable pour contenir l’épidémie, elle ne doit pas se faire au détriment des autres besoins sanitaires et humanitaires qui persistent dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Alors que la maladie à virus Ebola concentre l’attention, d’autres épidémies se propagent dans l’est du pays. Selon les données officielles, plus de 108.643 cas suspects de rougeole avec 1 394 décès ont été notifiés sur l’ensemble du pays de janvier au 19 juillet 2026. Près de la moitié de ces cas, soit plus de 50 820, sont concentrés au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Parallèlement, le pays a déjà enregistré plus de 35 464 cas suspects de choléra et plus de 1.051 décès. 14.819 de ces notifications se trouvent concentrés dans les deux provinces.
PAS « DE HIÉRARCHIE ENTRE LES CRISES »
« Pour les familles que nous soignons, il n’existe pas de hiérarchie entre les crises. Qu’un enfant meure de la rougeole ou du paludisme, qu’une personne succombe au choléra ou à la maladie d’Ebola, chaque vie compte », déclare le docteur Yvan Mbangi, coordinateur médical adjoint de MSF à Goma.
MSF est mobilisé dans la lutte contre la rougeole au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Les équipes ont pu réaliser six interventions des réponses à des épidémies de rougeole. Les dernières en date ont lieu à Shabunda au Sud-Kivu et à Walikale au Nord-Kivu. L’ensemble de ces interventions ont permis de traiter déjà plus de 12.050 patients et vacciner plus de 283.150 enfants.
« Alors que les besoins médico-humanitaires continuent de croître dans l’est de la RDC, nous appelons les autorités, les bailleurs de fonds et l’ensemble des acteurs humanitaires à maintenir et à renforcer leurs investissements dans toutes les réponses aux nombreux et différents besoins des populations. Il est vital que toutes les urgences soient traitées simultanément », conclut Joshua Eckley.
Fyfy Solange TANGAMU