Dernière minute
Société
Kosepela ezalaka na retar te. Ata ndele tokosepela kaka". Autrement dit, "Se réjouir n'est jamais tard !. Tôt ou tard, nous nous réjouirons quand même. ", telle est la traduction française de cette phrase en lingala. Un message trouvé, comme d'autres d'ailleurs sur la portière arrière d'un…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
La 12ème édition du Forum international des élites féminines (Fief) a officiellement démarré jeudi à Kinshasa pour renforcer les capacités des femmes et des jeunes filles et favoriser leur…
Étranger
Le Maroc a, pour la première fois de son histoire, une femme comme Première ministre: Fatima Ezzahra El Mansouri issue du Parti Authenticité et Modernité. Le Roi Mohammed VI a procédé à sa…
Nation
Dans le quartier populaire de Delvaux dans la commune de Ngaliema, des artistes talentueux ont investi depuis plusieurs années un grand espace le long de la route qui va à Matadi, en passant par l…
Ensemble pour la République : le duo Kamitatu-Diakese accentue les fissures
La suspension d’Hervé Diakese Kyungu vient-elle de révéler une crise plus profonde au sein d’Ensemble pour la République ? Plusieurs signaux récents alimentent désormais les interrogations sur l’état de cohésion interne du parti dirigé par Moïse Katumbi.
Le 20 août 2026, le Directoire exécutif national d’Ensemble pour la République a décidé de suspendre Hervé Diakese de ses fonctions de porte-parole ainsi que de toute activité au nom du parti. Il a été mis à la disposition du Comité des sages pour être entendu sur les faits qui lui sont reprochés. Dans la même décision, Grâce Omari Matandiko a été définitivement exclu du parti.
Cette décision intervient après une sortie médiatique controversée de Diakese lors d’une émission.
La direction d’Ensemble considère que certains de ses propos étaient « inappropriés » et « discourtois » envers le président national ainsi qu’à l’encontre de plusieurs cadres. Le parti a, dans la foulée, annoncé l’application d’une politique de « tolérance zéro » concernant les manquements à sa discipline.
UNE SANCTION QUI INTERVIENT SUR FOND DE MALAISE INTERNE
Au-delà du cas personnel d’Hervé Diakese, cette affaire remet sur la table une question plus large : que se passe-t-il réellement au sein d’Ensemble pour la République ?
Depuis plusieurs années, des épisodes de contestation interne ont déjà marqué la vie du parti. En 2023, par exemple, Jacky Ndala avait lui aussi été suspendu après des déclarations publiques dans lesquelles il critiquait le fonctionnement interne de la formation et dénonçait notamment des problèmes liés à la désignation des candidats.
En 2024, Ndala annonçait finalement son départ d’Ensemble, en formulant de nouvelles critiques contre le fonctionnement du parti et son leadership.
Ces épisodes ne suffisent évidemment pas, à eux seuls, à établir l’existence d’une crise générale. Mais leur répétition nourrit le débat sur la capacité du parti à gérer ses divergences internes.
UNE SÉRIE DE DÉPARTS QUI INTERROGE
Autre élément à surveiller : plusieurs personnalités autrefois associées à la mouvance katumbiste ont pris leurs distances avec Ensemble.
Daniel Safu avait, dès novembre 2025, annoncé sa démission d’Ensemble pour rejoindre la plateforme « Sauvons la RDC », en invoquant notamment des divergences avec l’orientation politique du parti.
Christelle Vuanga, autre personnalité connue de la famille politique de Katumbi, avait également quitté le groupe parlementaire Ensemble avant de devenir députée non-inscrite.
Ces départs, auxquels s’ajoutent d’autres mouvements individuels, donnent matière à réflexion sur l’évolution de l’espace politique autour de Katumbi.
L’autre dimension de cette séquence concerne Olivier Kamitatu, figure emblématique de l’entourage de Moïse Katumbi.
Hervé Diakese, reconnu comme proche de Kamitatu, qu’il considère comme un mentor politique, n’a pas lui aussi hésité de méconnaître le pouvoir de quiconque devant Kamitatu, son parrain politique. Cette proximité prend une importance particulière dans le contexte actuel, alors que certaines divergences entre différents courants du parti semblent davantage visibles dans l’espace public.
Des informations circulant dans certains milieux politiques font également état de démarches visant à remobiliser d’anciens responsables de l’Alliance pour le Renouveau du Congo (ARC), formation historiquement associée à Olivier Kamitatu.
L’ARC avait été créée en 2007 et revendiquait une orientation libérale, avec un ancrage notamment à Kinshasa et dans l’ancien Bandundu.
Mais à ce stade, il convient de rester prudent : nous n’avons pas trouvé de confirmation publique suffisamment solide permettant d’affirmer que l’ARC est officiellement en voie de renaissance en 2026. Il s’agit donc, pour l’heure, d’une piste politique à surveiller plutôt que d’un fait établi.
Une question centrale : simple réajustement ou véritable crise ?
L’enjeu dépasse désormais la seule sanction d’Hervé Diakese.
Si les tensions se limitent à quelques divergences individuelles, la direction d’Ensemble pourrait rapidement reprendre le contrôle de la situation.
Mais si plusieurs cadres ou anciens cadres partageaient les mêmes frustrations concernant le fonctionnement interne, l’accès au leadership, la répartition de l’influence ou encore l’orientation politique du parti, la situation pourrait prendre une tout autre tournure.
La véritable question est donc celle-ci :
Ensemble pour la République traverse-t-il une simple période de turbulences internes ou assiste-t-on aux premières manifestations d’une recomposition plus profonde de la famille politique de Moïse Katumbi ?
Les prochains jours pourraient être déterminants.
César IPOKA