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ENCADREMENT DE LA MARCHE DE L’UDPS DU 22 SEPTEMBRE : «La rue interdite à l’opposition, mais aménagée pour le parti au pouvoir», dénoncent Sesanga et Kabund
*Les opposants fustigent la politique de «deux poids, deux mesures».
La marche de l’UDPS et de ses alliés, encadrée mardi 22 septembre par un important dispositif policier, relance la polémique sur l’égalité de traitement des manifestations politiques. Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga dénoncent un traitement différent de celui réservé à la Coalition Article 64 (C64), mobilisée une semaine plus tôt.
Deux marches, deux ambiances, une même capitale. À Kinshasa, la mobilisation de l’UDPS et de ses alliés, mardi 22 septembre, a immédiatement ravivé les critiques de l’opposition sur les conditions d’exercice des libertés publiques. Au lendemain du rassemblement, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une différence de traitement entre les manifestations du pouvoir et celles de l’opposition.
Président de l’Envol, Delly Sesanga estime que la situation traduit une conception qu’il juge préoccupante des libertés publiques. Son interrogation porte principalement sur le contraste entre l’encadrement de la marche de l’UDPS et les conditions entourant celle de la C64, organisée le 15 septembre à Kinshasa.
«Lorsque la rue est interdite à l’opposition, mais aménagée pour le parti au pouvoir, la démocratie n’est plus qu’un discours creux», a-t-il déclaré, appelant à maintenir la mobilisation de manière pacifique et par la voie des urnes.
«NOUS REFUSONS UNE DÉMOCRATIE À GÉOMÉTRIE VARIABLE»
Dans la foulée, Sesanga a réaffirmé ses positions sur les échéances politiques à venir. Il s’oppose à toute modification de la Constitution, à un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi ainsi qu’à tout dépassement du calendrier électoral au-delà de 2028.
Même tonalité chez Jean-Marc Kabund. Figure de la Coalition Article 64, l’ancien président intérimaire de l’UDPS dénonce, lui aussi, une différence de traitement entre la marche de la C64 du 15 septembre et celle de l’UDPS du 22 septembre.
«Nous refusons une démocratie à géométrie variable, où la rue est libre pour les partisans du régime et interdite à l’opposition», a-t-il écrit, assurant que la C64 entend poursuivre son combat pour la défense de l’ordre constitutionnel et des libertés publiques.
DEUX MARCHES, UN DÉBAT SUR LES LIBERTÉS
Le contraste dénoncé par les deux opposants intervient après une semaine de forte activité politique dans la capitale. Le 15 septembre, la C64 avait mobilisé ses partisans contre tout projet de modification de la Constitution et contre un éventuel troisième mandat du chef de l’État. Cette manifestation avait été marquée par des restrictions et des incidents rapportés dans plusieurs points de Kinshasa.
Mardi 22 septembre, changement de décor. L’UDPS et ses alliés ont investi les rues de la capitale dans une démonstration de soutien à Félix Tshisekedi et aux institutions. La mobilisation, initiée par Augustin Kabuya, a rassemblé des milliers de militants, accompagnés de plusieurs responsables de la majorité.
Parmi les personnalités présentes figuraient notamment Christophe Mboso, deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, et Taupin Kabongo Mukengeshay, questeur du Sénat.
Au-delà de la mobilisation de rue, l’UDPS et ses alliés ont défendu le projet de modification de la Constitution et l’organisation d’un référendum populaire, donnant à cette manifestation une forte dimension politique.
La polémique ne porte donc plus seulement sur le nombre de manifestants. Elle se déplace désormais sur le terrain des libertés publiques et de l’égalité de traitement des acteurs politiques. Pour Kabund et Sesanga, la comparaison entre les 15 et 22 septembre constitue un signal d’alerte. Pour l’UDPS et ses alliés, la mobilisation du 22 septembre traduit, au contraire, un soutien populaire aux institutions et au processus constitutionnel engagé.
À Kinshasa, ces deux manifestations successives cristallisent ainsi une nouvelle ligne de fracture : celle du droit de manifester, de son encadrement et de l’égalité de traitement entre pouvoir et opposition.
Jérémie ASOKO