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16 prêtres de l'archidiocèse de Kananga fustigent les menaces perpétrées contre le clergé !
*Ils déplorent les actes de violence et le saccage des biens de l'Eglise en réaction aux divergences autour de la révision constitutionnelle.
Seize prêtres de l’Archidiocèse de Kananga ont rendu publique, le mardi 30 juin 2026, une déclaration intitulée «Kuanji Kutapa, Kadi Ebeja», dans laquelle ils réagissent au message publié le 19 juin dernier par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Par cette prise de parole, ils disent vouloir contribuer à l’apaisement du climat sociopolitique tout en apportant leur lecture du débat sur une éventuelle révision de la Constitution.
Les signataires expliquent que leur démarche intervient dans un contexte marqué par de vives tensions observées dans la ville de Kananga. Ils évoquent notamment des insultes visant des membres du clergé, des perturbations enregistrées lors de certaines célébrations eucharistiques ainsi que des attaques dirigées contre des responsables de l’Église catholique sur les réseaux sociaux.
Dans leur déclaration, les prêtres estiment que le message de la Cenco relève d’une prise de position pastorale et ne possède pas de caractère contraignant sur le plan juridique.
Selon eux, cette déclaration ne saurait empêcher le déroulement d’un processus de révision de la Constitution ni limiter la liberté d’expression reconnue à tous les citoyens.
LES PRÊTRES COMME TOUT CONGOLAIS, ONT DROIT DE S’EXPRIMER
Ils rappellent également que les évêques, comme tout citoyen congolais, disposent du droit de s’exprimer sur les questions d’intérêt national.
En revanche, ils soulignent que ces opinions doivent être reçues dans le respect des principes démocratiques et de la liberté d’opinion garantie par la Constitution.
Les seize prêtres apportent aussi leur soutien à l’Archevêque métropolitain de Kananga, dont la signature figure au bas du message de la Cenco. Ils estiment que cette signature s’inscrit dans le principe de la collégialité épiscopale et qu’elle ne devrait donner lieu ni à des attaques personnelles ni à des actes d’intimidation.
Abordant la question de la révision constitutionnelle, les auteurs du document rappellent que la Constitution de 2006 prévoit elle-même les mécanismes de sa modification. Ils citent notamment l’article 218, qui reconnaît l’initiative de la révision au Président de la République, au Gouvernement, aux deux Chambres du Parlement ainsi qu’à une partie du peuple congolais.
Dans cette optique, ils affirment soutenir toute réforme constitutionnelle engagée dans le strict respect des dispositions légales en vigueur.
APPEL AUX JEUNES À S’ABSTENIR DE TOUT ACTE DE VIOLENCE
Les prêtres lancent enfin un appel à la responsabilité collective. Ils invitent particulièrement les jeunes à s’abstenir de tout acte de violence ou de vandalisme contre les biens de l’Église et à faire preuve de respect envers les évêques, les prêtres et les personnes consacrées.
Ils exhortent également les Congolais à privilégier le dialogue, la tolérance et l’unité nationale malgré les divergences d’opinions sur les questions politiques.
Rendu public à l’occasion du 66ème anniversaire de l’indépendance du pays, cette déclaration marque la volonté de ses signataires de contribuer à un débat apaisé sur les réformes institutionnelles et la cohésion nationale.
Félix MULUMBA KALEMBA