Dernière minute
Société
« Plus on prend de la hauteur et plus on voit loin ». Cette expression à valeur proverbiale provient d’un taxi-bus Mercedes Benz Sprinter 311.
Cette expression est souvent attribuée à un proverbe chinois. Elle signifie qu’en s’éloignant des détails immédiats pour adopter un recul…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Le 12 octobre, à Goma, Joseph Kabila prenait la tête du Front pour la refondation de la nation, dans le sillage de l’AFC/M23. Le 21, Bruxelles le condamnait par la voix de Maxime Prévot. À…
Étranger
Sur le plateau de Gizeh, à seulement deux kilomètres des pyramides, le Grand musée égyptien (MGE) est sorti de terre. Véritable chef-d’œuvre architectural, le GME allie la grandeur du passé à l’…
Nation
Au total, vingt trois 23 journalistes de Kinshasa, ont été renforcé en capacités pour produire une information «rigoureuse» sur les droits humains et à mieux représenter les femmes et…
Grossesses en milieu scolaire : Patrick Muyaya plaide pour une approche inclusive et responsable
À l’occasion d’une matinée de socialisation autour de l’Agenda «Femmes, Paix et Sécurité», tenue le mercredi 16 juillet à l’Hôtel Sultani sous l’égide d’ONU Femmes et de l’Ambassade de Norvège, le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a livré une intervention engagée sur la problématique des grossesses en milieu scolaire. Un plaidoyer fort en faveur d’une éducation inclusive, d’un dialogue intergénérationnel et d’une responsabilité sociétale partagée.
En qualité de porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya a dénoncé les approches punitives qui consistent à exclure les filles enceintes des établissements scolaires. Pour lui, priver une jeune élève de son droit à l’éducation revient à aggraver sa vulnérabilité et compromettre irrémédiablement son avenir.
«Faut-il priver une élève enceinte de son droit à l’éducation, au risque d’aggraver sa marginalisation?», a-t-il interrogé, soulignant l’urgence d’un regard nouveau sur un phénomène trop souvent traité avec sévérité et silence.
Le ministre Muyaya a pointé du doigt les lacunes dans l’éducation familiale et l’encadrement scolaire. Il regrette que de nombreuses écoles, notamment sous gestion conventionnée, hésitent encore à aborder frontalement les questions de sexualité. Pourtant, dans un monde hyperconnecté, les jeunes sont exposés à une avalanche de contenus non filtrés dès le plus jeune âge.
les jeunes submergés par de contenus creux
«À notre époque, l’ORZT, devenu RTNC, forgeait nos repères. Aujourd’hui, les jeunes sont submergés de contenus bruts. Sans encadrement, les risques explosent», a-t-il fait observer.
Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité de construire un dialogue constant entre familles, écoles, élèves et société. Il a appelé les médias à jouer leur rôle en évitant la stigmatisation et en promouvant une éducation sexuelle claire, responsable et sans tabou.
Ce discours intervient dans un contexte de débat national, après la décision du ministère de l’Éducation nationale de maintenir les filles enceintes à l’école. Une mesure saluée par les acteurs de l’éducation inclusive et les défenseurs des droits humains. Une décision conforme aux engagements internationaux de la RDC, dont la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) et la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedef).
Une fille sur cinq de 15 à 19 ans a déjà connu une grossesse
Selon les dernières données de l’Enquête démographique et de Santé (EDS-RDC III, 2023–2024), une jeune fille sur cinq âgée de 15 à 19 ans a déjà connu une grossesse, un chiffre particulièrement élevé en milieu rural. Un phénomène alimenté par la pauvreté, le déficit d’accès à la santé reproductive, l’insuffisance d’éducation sexuelle et les violences basées sur le genre.
«On ne peut accabler la jeune fille seule. Derrière chaque grossesse, il y a un partenaire. C’est une responsabilité partagée», a martelé le ministre de la Communication.
Garantir la continuité scolaire à ces adolescentes, a-t-il rappelé, ne signifie pas tolérer les grossesses précoces, mais plutôt rompre le cycle de la précarité intergénérationnelle et prévenir les décès maternels – dont 29 % concernent les adolescentes.
En filigrane, le message est clair : le maintien des filles enceintes à l’école est un choix de justice sociale, un engagement politique fort et une exigence éthique. En défendant le droit à l’éducation pour toutes, la RDC affirme sa volonté de bâtir une société plus équitable, plus résiliente et tournée vers l’avenir.
Jérémie ASOKO