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Fumée noire à Doha: l’AFC/M23 ne veut que la guerre!
Dans l’une de nos parutions, nous avons émis des craintes sur l’échec du dialogue direct entre les délégués du gouvernement et ceux des supplétifs du Rwanda, l'AFC/M23. Avec ce que nous apprenons à Doha concernant le retrait de ces derniers des pourparlers directs entre les deux parties, nos craintes sont en train de se confirmer. Lorsqu’on se trouve en face d’un interlocuteur de la trempe de Paul Kagame avec son ADN belliciste, on peut se permettre tout, sauf la distraction. À ce sujet, nous allons nous rappeler les propos d’un opposant au régime de Mobutu, feu le prof qui a déclaré en son temps que quand on mange sur une même table avec un sorcier, il faut se munir d’une longue fourchette si on ne veut pas être happé par lui.
Le dictateur rwandais, le principal mentor de l’AFC/M23, est têtu comme un âne. Son obsession à faire la guerre est diabolique. Pour preuve, rappelons-nous la manière dont il a changé de face dans les accords d’Arusha (Tanzanie). Nous connaissons les conséquences de son acte.
Que certains l’acceptent ou non, la position de l’AFC/M23 est dictée par le «roi» du pays des mille collines. C’est ce qu’il désire qui doit être fait. Nous le savions bien, c’est pourquoi nous avons prédit le chaos que nous vivons aujourd’hui.
Malheureusement, le tyran rwandais tire le bénéfice de l’hypocrisie de certains partenaires internationaux de la RDC, qui soufflent le chaud et le froid. Nous en voulons pour preuve le fait qu’aucune sanction concrète n’a été prise contre Kigali depuis la résolution 2773, qui exige le retrait immédiat des forces rwandaises du sol congolais.
À l’instar du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, Paul Kagame s’en fout éperdument de la communauté internationale parce qu'assuré que les condamnations dont il est l’objet vont rester lettre morte. N'a-t-il pas dit aux pays qui sanctionnent son pays d'"aller au diable"? S’il n’avait pas cette assurance, il ne serait pas resté sourd aux injonctions lui adressées.
On ne voit pas un dirigeant, surtout africain, tenir tête à la puissante Amérique. Depuis combien de temps le conseil de sécurité de l’Onu, sous la houlette des États-Unis, a-t-il exigé la fin des hostilités dans l’Est de la RDC ? Quelle en est la suite? Rien de concret sur le terrain.
Par rapport aux réalités du terrain, la RDC doit savoir se déterminer. Si c’est la voie pacifique et diplomatique, il lui importe de lever l’option la meilleure : faut-il continuer à dialoguer dans le format restreint avec l’AFC/M23 ou élargir le champ des discussions suivant le Pacte social concocté par le duo Cenco-ECC ? Il serait maladroit de rejeter d’emblée ce scénario des hommes de Dieu parce qu’on a des antécédents fâcheux contre une de deux confessions religieuses.
Cependant, face aux contraintes objectives auxquelles le pays est confronté, il n’y a pas de complaisance possible. Le gouvernement doit aborder la question en toute objectivité et sans passion en plaçant les intérêts supérieurs de la nation, surtout des victimes de la guerre, en pole position.
Comme l’a déclaré le Cardinal Ambongo dans son homélie dite le dimanche de Pâques, la RDC est en danger. L’heure est grave. Ce n’est plus le moment de distraction. Il faut agir et agir vite, en toute conscience. Muke MUKE