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Ebola au Bas-Uélé : 13 cas signalés, les autorités sanitaires redoutent une propagation dans les zones frontalières
La province du Bas-Uélé fait face à des risques de propagation de la maladie à virus Ebola. Avec 13 cas déjà signalés, les autorités provinciales multiplient les appels à la vigilance et à l'implication de la population dans la prévention.
Le ministre provincial de la Santé, Paulin Pusu Koyaba, a lancé cet appel le lundi 2 novembre, lors d'une conférence de presse organisée à Buta, en présence des ministres provinciaux chargés de la Jeunesse ainsi que des Médias et du Porte-parolat du gouvernement.
Au cours de cette rencontre avec la presse, le ministre a alerté ses interlocuteurs sur les risques liés aux mouvements de populations et aux échanges commerciaux avec les provinces voisines touchées par l'épidémie, notamment le Haut-Uélé, la Tshopo et le Nord-Ubangi. Il a également évoqué la situation de la zone de santé de Wapinda.
Paulin Pusu Koyaba a particulièrement attiré l'attention sur les déplacements entre Yakoma, Monga et les localités proches de la frontière avec la République centrafricaine.
" Même si nous avons relativement moins de cas dans le Bas-Uélé, nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge. Notre proximité avec les zones touchées, notamment à travers les échanges commerciaux et les marchés transfrontaliers, constitue un risque réel de propagation ", a-t-il alerté.
LES PRELEVEMENTS APRES DECES EXPLIQUES A LA POPULATION
Il a, par ailleurs, invité les médias et les jeunes à participer activement à la sensibilisation afin de combattre les fausses informations et les résistances communautaires qui compliquent la riposte.
Le ministre provincial de la Santé a également abordé la question des prélèvements après décès, communément appelés " swab ". Il a expliqué que cette opération permet de vérifier si un décès est lié à Ebola et de prendre des dispositions pour protéger les proches du défunt.
LES COMMUNAUTES APPELEES A RESPECTER LES MESURES DE PREVENTION
" Notre seul objectif est de savoir précocement s'il s'agit d'un cas d'Ebola afin de protéger la famille et toute la communauté ", a-t-il précisé.
Pour convaincre la population de l'importance de cette pratique, il a évoqué le coût estimatif d'un prélèvement, évalué à cinq dollars américains, comparativement aux dépenses qui pourraient dépasser 100 millions de dollars en cas d'épidémie incontrôlée.
Concernant les enterrements dignes et sécurisés, Paulin Pusu Koyaba a rassuré que ces pratiques visent à préserver la dignité des personnes décédées et à respecter les coutumes locales, tout en limitant les risques de contamination.
Il a enfin appelé les habitants à signaler rapidement tout symptôme suspect auprès des structures sanitaires et à collaborer avec les équipes de riposte.
" L'épidémie commence dans une communauté et doit également prendre fin dans une communauté. Nous devons tous nous mettre debout pour barrer la route à la transmission ", a-t-il conclu.
Avec 13 cas signalés, le Bas-Uélé reste exposé aux risques de propagation d'Ebola. La mobilisation des communautés et le respect des mesures sanitaires constituent ainsi des enjeux majeurs pour contenir l'épidémie dans cette province.
R.Bin KAKANI KODISABO/CP