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BCC: André Wameso place le curseur sur la restauration de la confiance dans le franc
Le nouveau gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, a pris officiellement ses fonctions hier lundi 4 août après une cérémonie d’installation présidée par le ministre des Finances, Doudou Fwamba.
Ancien directeur de cabinet adjoint du Chef de l’Etat, André Wameso succède à Mme Malangu Kabedi dont il a salué l’héritage social. Wameso promet de perpétuer l’héritage social de sa devancière, avec une dose de nouveautés, à savoir la formation et l’allocation des crédits sociaux au personnel de l’institution. Pour imprimer ses marques, le nouveau gouverneur de la BCC va travailler, avec tous les membres de la haute direction de l’institution, à «restaurer la confiance dans le franc congolais pour que chaque citoyen soit fier d’utiliser sa monnaie nationale dans un pays où plus de 80 % des transactions s’effectuent en devises étrangères…»
«C’est avec beaucoup d’humilité que je prends la parole en ce jour, en exprimant ma profonde gratitude envers le président de la République pour la confiance placée en ma personne», a déclaré le nouveau gouverneur, devant cadres et agents réunis pour la circonstance au siège de la BCC à Kinshasa. A l’occasion, le gouverneur a mis l’accent sur ce qui sera l’un des défis majeurs de son bail à la tête de la BCC: restaurer la confiance dans la monnaie nationale.
Pour le nouveau patron de cette prestigieuse institution, «On ne peut pas avoir une politique monétaire efficace dans un environnement où plus de 80% des transactions se font en devise étrangère. Le plus grand défi est de faire aimer et adopter le franc congolais par les Congolais».
André Wameso a rendu un vibrant hommage à Madame Malangu Kabedi dont il a loué «la politique sociale menée avec détermination». «Madame la gouverneure avait compris que la ressource la plus importante d’un pays ou d’une entreprise, ce sont les hommes et les femmes. Je promets de continuer dans cette direction et d’aller plus loin, notamment en matière de formation et de crédits sociaux», a déclaré André Wameso les cadres et agents de la BCC qui n’en finissaient pas de l’ovationner. Mais ce n’est pas tout. Le nouveau patron a annoncé sa volonté de réintroduire des dispositifs tels que les crédits-logements et explorer de nouveaux mécanismes comme les prêts pour l’éducation des enfants du personnel.
Dans son mot, Mme le gouverneur désormais honoraire a exprimé sa «reconnaissance envers le chef de l’État pour cette mission historique» et formulé «le vœu que les résultats engrangés servent de tremplin pour renforcer davantage l’Institut d’émission». Son mandat restera marqué par une stabilité monétaire relative et des réformes internes, notamment en matière de gouvernance et d’amélioration des conditions sociales des agents.
Les chantiers du nouveau gouverneur
Il y en a au total cinq. En tête figure la recapitalisation de l’institution, indispensable pour garantir son indépendance et renforcer sa crédibilité. Ensuite, la stabilité du franc congolais, enjeu crucial pour préserver le pouvoir d’achat, notamment celui des fonctionnaires, des militaires et des policiers rémunérés en monnaie locale : tout dérapage sur le marché de change aurait des conséquences immédiates sur leur quotidien.
Un autre point qui tient à cœur le nouveau gouverneur c’est celui de la dédollarisation. André Wameso a fait savoir que près de 80% des transactions s’effectuent aujourd’hui en devises étrangères. Relancer un processus longtemps resté lettre morte sera essentiel pour redonner au franc congolais sa place centrale et rendre la politique monétaire pleinement efficace.
Le quatrième axe est celui de «faire de la Banque centrale un véritable catalyseur de croissance». L’institution devra dépasser son rôle traditionnel de gardienne de la stabilité des prix pour devenir un acteur stratégique de l’émergence économique, notamment via des financements ciblés dans les secteurs productifs. Enfin, la digitalisation des paiements et l’inclusion financière figurent parmi les grands chantiers. La BCC est attendue sur ce front, avec la promotion des transactions électroniques et des innovations capables de réduire l’informalité.
Comme on peut le voir, la tâche qui attend Wameso est «exaltante et lourde de responsabilités». C’est pourquoi il exhorte tout le personnel d’être assidu à la tâche, car fait-il savoir, «Les défis sont majeurs. Nous devons travailler sans relâche». «J’ai toujours cherché à tirer les meilleurs de mes collaborateurs. J’espère qu’on gagnera toujours le plus. Et si on perd, on perdra ensemble, car ça sera quelque chose du collectif», a-t-il déclaré. Bon vent.
Didier KEBONGO