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Appel de la CENCO à la sanction contre les vagabonds politiques : Des anciens députés boudés dans les provinces
Dans un message de vigilance citoyenne adressé aux Congolais, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), demande aux Congolais de ne pas voter pour les candidats qui ont changé de camp politique ces dernières années. Traités généralement des « vagabonds politiques » par la population, les politiciens, qui roulent pour leurs propres intérêts, vont avoir du mal à convaincre les électeurs et à arracher leurs suffrages. Avant la CENCO, des messages frisant le mépris et le dédain contre la plupart des élus de 2018, étaient postés dans les réseaux sociaux pour appeler à leur rejet.
Ces messages ont effectivement de l’impact sur le mental de beaucoup de Congolais. Dans certains coins du pays, certains députés actuels, qui ont postulé aux élections de 2023, ont été très mal accueillis par leurs anciens électeurs.
Il y en a qui sont allés jusqu’à l’agression pour manifester leur opposition à l’endroit de ceux qu’ils ont envoyés à la chambre basse du Parlement. On reproche à ces gens la démagogie pour n’avoir pas tenu leurs promesses électorales. D’où des messages du genre: «Prends l’argent offert par les anciens députés, mais ne votez pas pour eux».
Rejet
Avec le récent appel des prélats catholiques à travers la CENCO, la situation se complique davantage pour les élus de la mandature finissante. Ces élus n’ont fourni aucun effort pour se rapprocher de la population.
Après leur avoir offert des képis, T-shirt et autres prébendes, ils leur ont tourné le dos une fois entrés dans l’Hémicycle de la commune de Lingwala. Divers problèmes constituant les préoccupations de la population n’ont pas attiré l’attention de ces députés qui, avouons-le, sont arrivés à la chambre basse du Parlement par des moyens très peu catholiques.
Au nombre de ces préoccupations, nous pouvons citer le phénomène « kuluna« , la faible desserte en énergie électrique et en eau potable, les embouteillages sur nos routes, l’insalubrité, le délabrement de nos routes, etc.
Le parcours des 13 parlementaires
Les pensionnaires du Palais du peuple se sont tus face à cette situation qui a des conséquences néfastes sur le vécu de la population. Pourtant, bien avant eux, à l’époque de la dictature mobutiste, 13 parlementaires, pourtant membres du Parti-Etat, avaient pris leur courage entre les mains pour dénoncer avec force les maux qui rongeaient la société congolaise (ex zaïroise).
Humiliés, torturés, relégués à plusieurs reprises dans leurs villages d’origine et aussi loin de chez eux, les célèbres 13 parlementaires sont restés fermes dans leurs convictions intimes. Ils ont fait preuve d’un courage extraordinaire. Ils n’étaient pas des extra- terrestres. C’étaient des humains comme nous.
Malheureusement, ceux que le peuple a choisis en 2018 pour défendre leurs intérêts ont été engloutis dans des pratiques maffieuses qui les ont totalement éloignés de leurs électeurs. La fracture est totale entre les deux parties.
L’une des conséquences est qu’aujourd’hui, beaucoup de Congolais ont décidé de ne pas se rendre aux urnes. Selon eux, les candidats d’aujourd’hui, une fois élus, vont se comporter de la même manière que ceux qui les ont précédés. Ceux qui acceptent de répondre aux invitations de ceux qui sont en campagne électorale actuellement, sont très exigeants envers eux. Rien pour rien, disent-ils.
méfiance des électeurs
Telles que les choses se présentent en ce moment, il sera très difficile pour les actuels députés de rempiler, à moins de recourir aux pratiques immorales qui ont été décriées en 2018.
Denis Kadima et son équipe, sont-ils prêts à offrir aux Congolais des élections indigestes comme celles vécues lors des derniers scrutins ? Nous ne le pensons pas. Muke MUKE